Valère Lelièvre réintégré trois ans après son licenciement par la SANEF

Publié le par La voix du Nord

Valère Lelièvre réintégré trois ans après son licenciement par la SANEF

 

mercredi 09.03.2011, 05:19 - La Voix du Nord

 

Valère Lelièvre, délégué syndical SUD à la SANEF, a été licencié en 2008 pour faute grave. Son employeur dénonçait son « suractivisme syndical ». Il a été réintégré par décision des prud'hommes, le 1er mars. Il rencontrait son directeur, hier après-midi.

 

PAR HERVÉ VAUGHAN

saintomer@lavoixdunord.fr

 

C'est un marathon administratif et judiciaire de trois ans qui a pris fin le 1er mars devant le tribunal des prud'hommes de Creil. Depuis son licenciement le 17 avril 2008 de la SANEF pour « faute grave », Valère Lelièvre, alors receveur-chef au péage de Setques, se battait pour sa réintégration dans la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France. Il a obtenu gain de cause.

Mener ce combat, n'empêche pas Valère Lelièvre de continuer à s'occuper des autres. Ainsi, hier matin, le délégué syndical SUD était au tribunal des prud'hommes de Saint-Omer « pour défendre un dossier ». Pas le sien. Son cas, c'est le tribunal des prud'hommes de Creil qui l'a réglé, après l'audience en référé (c'est-à-dire en urgence) le 22 février. Le 1er mars, le tribunal des prud'hommes a prononcé la réintégration de Valère Lelièvre à la SANEF. Une décision assortie d'une astreinte de mille euros d'astreinte par jour de retard et de deux mille euros de frais de procédure. « Dès le lendemain, je recevais un courrier de la SANEF m'annonçant ma réintégration », se félicite-t-il.

Retour en arrière : Valère Lelièvre, qui aura 50 ans cette année, est embauché par la SANEF, en 1984 lors de l'ouverture de l'A 26, comme receveur au péage de Setques. Trois ans plus tard, il prend sa carte au Syndicat autonome du personnel de la SANEF (SAPS) et est élu délégué du personnel. Il devient délégué syndical en 1992, un an avant que le SAPS n'intègre l'UNSA. En 2003, le SAPS rejoint SUD.

Son engagement prend une autre dimension en 1991. « Dès ce moment, la SANEF a organisé des bouchons artificiels devant les péages manuels pour justifier la mise en place des péages

automatiques. Or, ça supprime des milliers d'emplois. » Valère Lelièvre ne se contente pas de

dénoncer ce fait en interne. « Dans le contexte des élections présidentielles de 2007, juste après la privatisation des sociétés d'autoroute, j'ai alerté les pouvoirs publics. Ça n'a pas plu. » La direction évoque « l'hostilité vis-à-vis de l'entreprise et le dénigrement » et le licencie le 17 avril 2008, pour « faute grave », sans indemnité.

Élu syndical, Valère Lelièvre est un salarié protégé, l'inspection du travail doit donc valider ce

licenciement. Ce qu'elle fait. « Nous avons d'abord attaqué la décision de l'inspecteur du travail devant le tribunal administratif. raconte Valère Lelièvre. Le tribunal administratif d'Amiens a indiqué en mai 2010 que mon licenciement était lié à mon activité syndicale et a ordonné ma réintégration. »

Mais, la SANEF a fait appel devant la cour d'appel administrative de Douai. « Ils sont surbookés, indique notre interlocuteur.

L'arrêt de la cour ne sera pas rendu avant la fin du mois de mars. D'où la saisine des prud'hommes en décembre dernier. » Pendant ce temps, Valère Lelièvre a poursuivi ses activités syndicales. Il a également repris une formation. « J'ai passé mon CAP d'électricien à l'AFPA d'Hazebrouck et mon permis nacelle. » Mais, il n'en démord pas : « Je me suis battu pour être réintégré à la SANEF, je vais accepter le poste qu'on me propose à Senlis, à deux heures de route de mon domicile. C'est une question d'honneur. Mais l'entreprise a tout fait pour que je refuse ». Seule consolation, « pour les salariés de la SANEF, l'autoroute est gratuite ».

Valère Lelièvre n'aura pas à emprunter les péages automatiques. •

Commenter cet article