Une activité très lucrative

Publié le par Le Parisien

Les sociétés d’autoroutes ne connaissent pas la . Malgré la tempête économique, ces sociétés continuent de faire de colossaux profits : plus de 1,9 Md€ en 2001, dont 1,7 Md€ uniquement réalisé par les quatre plus grands concessionnaires (ASF, APRR, Sanef et Cofiroute). Comment ces sociétés ont-elles pu dégager autant de cash en plein marasme économique? Eléments de réponse.                                      

Les usagers mis à contribution

A chaque départ en vacances, les Français le constatent en glissant leur carte bleue dans l’automate : les prix augmentent. Et plus vite même que le coût de la vie. Entre 2007 et 2012, l’inflation a été de 8,5%. Sur cette même période, les tarifs, eux, se sont alourdis de 11%. Et encore, il ne s’agit là que de moyennes.

Dans le détail, certaines hausses sont spectaculaires. Ainsi, pour rouler aujourd’hui 100 km sur le réseau Cofiroute, il faut débourser 41 centimes de plus qu’en 2010. « Les tarifs sont fixés par l’Etat », balaye-t-on d’un revers de main à l’Association des sociétés françaises d’autoroutes, le représentant du secteur. Selon cet organisme, lorsqu’un automobiliste verse 10 € au péage, 4 € financent des taxes, 3 € sont réinvestis, 1,50 € est utilisé à rémunérer le personnel et seuls 1,50 € reviennent dans les caisses de l’entreprise pour rembourser ses dettes et rémunérer ses actionnaires. Bref, pour ce porte-parole des sociétés, l’argent sert surtout à entretenir le réseau. Au , les sociétés d’autoroutes investissent 1,75 Md€ par an.

Fréquentation record

Les sociétés d’autoroutes surfent aussi sur une fréquentation record. Jamais les automobilistes — français ou étrangers, particuliers ou professionnels — n’ont autant utilisé ces voies rapides. La bagatelle de 85,4 milliards de kilomètres a été parcourue par les camions et les voitures en 2011. Ce chiffre n’était que de 84,1 milliards en 2010. « En 2011, les péages des 18 sociétés concessionnaires d’autoroutes ont dégagé une recette de 8,18 Mds€, soit 1,02 Md€ de plus qu’en 2007 (+ 12,55 %) », constate Renan Dantec, sénateur écologiste, dans un rapport publié fin novembre. Pour accompagner cette hausse des recettes, elles ont aussi fait la chasse au gaspi.

Réduction drastique des coûts

C’est un fait. Les guichetiers disparaissent petit à petit du paysage, remplacés par des systèmes automatiques de péages à pièces, par carte bancaire ou par badge. « Il y a certes un mouvement d’automatisation, mais vous n’entendez pas parler de plans sociaux dans nos entreprises. Il n’y a pas de départs secs », affirme-t-on à l’Association des sociétés françaises d’autoroutes. Les personnels dont l’emploi est supprimé sont reclassés dans d’autres fonctions comme la surveillance des caisses automatiques, certaines tâches administratives, voire dans des nouveaux métiers développés par les autoroutes comme la télésurveillance des infrastructures.

« Il n’y a effectivement pas eu pour l’instant de plans sociaux mais des emplois sont bel et bien supprimés. Les entreprises font des économies en ne remplaçant pas les départs en retraite », affirme pourtant Laurent Le Floch, secrétaire fédéral de Force ouvrière chargé du secteur des autoroutes. De fait, le secteur ne compte plus que 15650 employés, contre 16585 en 2008. Selon ce syndicaliste, les entreprises rognent aussi sur la qualité de service. « Pour faire des économies, les entreprises ont réorganisé la surveillance physique du réseau. Les patrouilleurs sont moins présents sur les routes. »

 

Le Parisien

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