Un syndicaliste SUD retenu pendant une visite de Sarkozy

Publié le par l'express.fr

Un syndicaliste retenu pendant une visite de Sarkozy

Par LEXPRESS.fr, publié le 09/12/2010 à 15:05

Selon lemonde.fr, un militant syndical a été retenu par les gendarmes durant un récent déplacement présidentiel dans l'Allier.

 

On savait déjà grâce au Canard enchaîné que le déplacement dans l'Allier le 25 novembre avait permis à Nicolas Sarkozy d'utiliser son A330-200 pour parcourir les 350 km séparant Paris de Clermont-Ferrand. 

On apprend ce jeudi sur lemonde.fr que tout a été fait pour que le voyage présidentiel destiné à rassurer le monde agricole se passe sans accroc. Frédéric Le Marrec, un syndicaliste Sud de 42 ans, raconte en effet avoir été retenu pendant plus de quatre heures dans les locaux de la gendarmerie. 

A 9h30, cet éducateur spécialisé travaillant dans un foyer pour adolescents de Mayet-en-Montagne, la commune que doit visiter Nicolas Sarkozy, s'apprête à aller manifester contre la venue du président. Il est alors prié par deux gendarmes de les suivre. Pendant quatre heures, ce syndicaliste connu de tous est interrogé sur un collage d'affiches du Nouveau parti anticapitaliste survenu la veille. Et peu importe que Frédéric Le Marrec ait été à Vichy la veille au soir... 

Démenti du préfet

Incapables de lui indiquer dans quel cadre juridique se déroule cet entretien, les gendarmes lui déconseillent pourtant de vouloir partir. L'homme ne sort finalement que vers 14 heures de la gendarmerie de Mayet-en-Montagne, "juste après le départ du président de la République", note-t-il dans sa déposition au commissariat de Vichy, où il a décidé de porter plainte. 

Selon des sources proches de la gendarmerie interrogées par Lemonde.fr, c'est le préfet de l'Allier, Pierre Monzani, en personne qui aurait suggéré la surveillance du présumé trublion. "Si à 9 h 30 il va pisser, il faut que je le sache", aurait lancé le préfet la veille, lors d'une réunion de préparation avec les responsables de la sécurité. 

Contacté par lemonde.fr, Pierre Monzani a nié connaître le nom de Frédéric Le Marrec, avant d'ironiser sur les conditions de son audition: "Le café que lui ont servi les gendarmes devait être bon pour qu'il s'attarde autant à la gendarmerie." 

En tout cas, syndicalistes et opposants sont prévenus: les personnes de grande taille ne sont désormais plus les seules à ne pas être les bienvenues sur la photo... 

 

Commenter cet article