Tribunal de Chalon sur Saône (71) - L’employé d’autoroute était mort écrasé par un poids lourd

Publié le par Le journal de Saône et Loire

Julien S., 25 ans, s’avance avec appréhension à la barre de l’audience correctionnelle de ce lundi, pour l’unique prévention d’homicide involontaire.

Le 21 septembre 2011 vers 22 h, un terrible drame allait se produire sur l’autoroute A 6 à la hauteur de Boyer.

Avant de procéder à une réfection de chaussée, des employés étaient affairés à la correction d’une signalisation insuffisante, un semi-remorque contenant des matières dangereuses et conduit par le prévenu roulant à 95 km/h au lieu des 80 km/h autorisés, est surpris par la présence de la signalétique, il voit surgir un homme sur la voie de circulation. Malgré un freinage désespéré le choc sera fatal pour l’employé d’autoroute qui était âgé de 50 ans. Le chauffeur s’explique : « J’ai donné de la vitesse pour m’insérer dans le flux. Le panneau n’était pas éclairé et j’ai vu un homme sortir sur la voie ! » Le président du tribunal lui fait le reproche de cette vitesse excessive dans une zone de travaux la nuit. Mais le prévenu estime qu’il n’y avait pas de danger dans sa zone de conduite. « Fait dramatique pour cet homme qui avait rendez-vous avec la mort » pour Maître Bibard « pour faire son deuil il faut comprendre ! », ajoute son confrère.


Huit mois avec sursis

Le ministère public souligne la dangerosité du métier « de ces hommes en jaune particulièrement exposés », puis retient dans son réquisitoire le défaut de vigilance et la vitesse excessive du chauffeur routier. 6 mois de prison avec sursis et 12 mois de suspension de son permis ont été requis.

« Il y a des absents et cela me fait froid dans le dos ! », déclame en début de plaidoirie la défense qui argumente que « la bretelle aurait dû être fermée, la vitesse était autorisée à 90 km/h, c’est son employeur qui est responsable. Les mesures ont été prises à la hâte ».

Le tribunal a condamné le prévenu à 8 mois de prison avec sursis, 3 mois de suspension, de son permis, et deux amendes de 300 euros. L’affaire est renvoyée sur intérêt civil pour établir le montant des indemnités réclamées par les avocats des parties civiles.

Source : Le Journal de Saône et Loire 2013 06 05

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