Réponse de Nicolas Dupont-Aignan au courrier de Sud Autoroutes

Publié le par Nicolas Dupont-Aignan

Monsieur le Secrétaire Général,


Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à ma candidature. Les autoroutes sont pour moi un enjeu important. Je suis en phase avec vous quand il s’agit de parler de braderie nationale.


L'autorisation donnée par le gouvernement d'augmenter les tarifs autoroutiers de 2,33%, au 1er février, démontre une fois de plus sa complicité avec des sociétés concessionnaires rapaces, qui rackettent les Français.

Je dénonce depuis 2005 la privatisation des autoroutes françaises, qui ont été bradées aux « copains » du BTP pour qu'ils réalisent de juteux profits sur le dos des usagers.

  • Conduite par le premier Ministre Dominique de Villepin pour boucler des fins de mois difficiles, la vente des autoroutes (financées depuis toujours par l'argent du contribuable) a rapporté 14,8 milliards d'euros à l'Etat, soit bien moins que leur valeur de 24 milliards estimée par la Cour des comptes dans son rapport de 2008 ;
  • Depuis, les hausses de tarifs abusives se multiplient (+10% d'augmentation du ticket depuis 2007), à raison d'une progression double de celle de l'inflation, les effectifs diminuent - comme la sécurité sur les aires d'autoroutes et les dépenses d'entretien ou de modernisation de l'infrastructure -, les inégalités tarifaires se creusent entre zones rentables et moins rentables, tandis que le le taux de profit des exploitants s'est envolé... à 14% !
  • Depuis, l’État n'a cessé de dérouler le tapis rouge aux concessionnaires privés, les laissant trafiquer le calcul de leurs hausses derrière une opacité absolue, leur offrant une année supplémentaire de droit d'exploitation contre des engagements écologiques fantaisistes, et grevant par cette vente malencontreuse le budget de la France d'au moins un milliard d'euros chaque année.    


On comprend, dès lors, que les concessionnaires aient envisagé à l'époque de débourser jusqu'à 40% de plus pour mettre la main sur la poule aux œufs d'or, opération que le très libéral Financial Times avait qualifiée en son temps d’«absurde» pour l’État. Ainsi, l'oligopole des concessionnaires privés exploitant les autoroutes ne se soucie que de sa profitabilité, tout en cherchant à oublier les servitudes de service public liées à son activité. Tout pour l’actionnaire, rien ou le moins possible pour l'usager, lequel est de surcroît prisonnier d’un marché captif !


Tout ceci ne peut plus durer. Si le scandale du racket autoroutier est insupportable en soi, il dépasse toutes les bornes en période de crise, à l’heure où chacun (surtout les moins favorisés) est appelé à se serrer la ceinture et où les entreprises de transport routier françaises sont en danger de mort à cause d'une concurrence européenne déloyale.

Cette évolution désastreuse du système d'exploitation autoroutière français condamne enfin un peu plus nos concitoyens les plus modestes à emprunter le réseau secondaire, bien plus accidentogène.

C'est pourquoi je veux rendre à la Nation ce patrimoine dont elle a été spoliée sans nécessité ni justification aucune. C'est pourquoi je propose la renationalisation de l'ensemble du réseau autoroutier, au prix où des gouvernants irresponsables l'ont bradé.


Face à cette véritable restauration des barrières d'octroi opérée par les concessionnaires privés, sorte de nouveaux fermiers généraux des temps modernes, la République doit imposer le service public, universel, bon marché et égalitaire entre tous les Français.


Ainsi, je compte bien redonner de la dignité aux employés qui sont assommés par la course à la rentabilité. Ce grand plan de renationalisation des autoroutes s’accompagnera d'une revalorisation raisonnable de la situation précaire des employés. L’objectif est d’apaiser le dialogue social, et d’assurer la sécurité des usagers de manière rigoureuse.


  

Espérant avoir répondu à vos interrogations et vous remerciant de votre intérêt,


 

Bien Cordialement.


 

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Candidat à la présidence de la République

Député de l’Essonne – Maire d’Yerres

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