Nicolas Sarkozy lâche un peu de lest sur les retraites.

Publié le par Yves Clarisse, avec Yann Le Guernigou

Nicolas Sarkozy lâche un peu de lest sur les retraites

PARIS - Nicolas Sarkozy a lâche un peu de lest sur la réforme des retraites, notamment pour les métiers pénibles, dans l'espoir d'amadouer les syndicats dopés par leur forte capacité de mobilisation.

Mais les centrales syndicales, qui se réunissent ce mercredi pour décider de nouvelles actions, ont opposé une fin de non recevoir à ces gestes jugés insuffisants.

Au lendemain d'une journée de grèves et de manifestations qui ont vu défiler entre 1,1 et 2,7 millions de personnes selon les sources, le président français n'a en effet rien cédé sur le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite.

"Je rappelle qu'il n'est pas question de laisser quiconque dénaturer la réforme car ce serait mettre en péril le retour à l'équilibre de nos retraites", a-t-il dit dans une intervention devant le conseil des ministres diffusée par l'Elysée.

Faute de travailler plus longtemps, voie choisie par "tous les autres pays", a-t-il dit en allusion par exemple à l'Allemagne, où l'âge de départ a été porté à 67 ans, il faudrait baisser les pensions ou augmenter massivement les prélèvements obligatoires. "Je m'y refuse."

Nicolas Sarkozy exclut également de revenir sur le report de 65 à 67 ans de l'âge auquel il sera possible de prendre sa retraite, quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

Les "mesures d'âge" représentent en effet l'essentiel des économies de quelque 18 milliards d'euros qui seraient réalisés en 2018 grâce à la réforme des retraites.

DES CONCESSIONS ATTENDUES

Avant la réunion de l'intersyndicale, dont les membres ont annoncé leur intention d'organiser d'autres journées d'action ce mois-ci, l'exécutif a néanmoins confirmé quelques concessions attendues sur la pénibilité ou les carrières longues.

"Je suis attentif aux préoccupations qui sont (...) exprimées" par les syndicats, a expliqué Nicolas Sarkozy en jugeant "normal" que la réforme suscite des "inquiétudes".

Ces concessions seront présentées sous la forme d'amendements au projet de loi actuellement débattu par l'Assemblée nationale et jusqu'au 15 septembre.

Elles concernent d'abord les carrières longues.

Ceux qui sont rentrés avant 18 ans sur le marché du travail et ont toutes les années de cotisations requises pourront continuer à partir en retraite à 60 ans, voire avant, un effort chiffré à 350 millions d'euros supplémentaires.

Une concession est également faite sur la pénibilité.

Le projet de loi prévoyait jusqu'ici que, pour tout assuré présentant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 20%, l'âge de la retraite serait maintenu à 60 ans.

Le dispositif sera étendu aux agriculteurs et le taux d'incapacité abaissé à 10% dans certains cas. Les salariés présentant ce dernier taux devront faire appel à une commission pluridisciplinaire qui décidera ou non de leur accorder un départ à la retraite à 60 ans.

Les branches professionnelles ou les entreprises devraient en outre s'engager dans des négociations pour proposer à leurs salariés exposés à des facteurs de pénibilité un aménagement de la fin de leur carrière, avec le soutien de l'Etat.

En revanche, aucun engagement précis n'est pris pour les polypensionnés pénalisés lorsqu'ils accomplissent une partie de leur carrière dans le privé et une autre dans le public.

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