Déclaration du Syndicat SUD ASF au CCE sur la NAO.

Publié le par SUD ASF

Mesdames, Messieurs, nous sommes réunis ce-jour pour donner notre avis sur la Négociation Obligatoire Annuelle, c'est-à-dire sur les mesures salariales de 2011. C’est un instant solennel, grave qui va avoir des conséquences importantes pour les salariés d’ASF, une filiale du Groupe Vinci tant pour leur rémunération que pour leur carrière professionnelle. Nous, Henri Bonnes, élu titulaire du CCE, et Magali Lacour, élue suppléante du CCE, militants du syndicat SUD-ASF, nous avons décidé de parler et de dire les vérités qui font mal. Nous constatons avec plaisir que vous renoncez aux augmentations individuelles pour certaines catégories de salariés et que pour d’autres, vous introduisez une part fixe. Comme de nombreux syndicalistes vous l’ont dit, comme les rapports sur les risques psycho-sociaux vous l’ont démontré, cette idée intéressante avait des effets catastrophiques sur le terrain, allant à l’inverse du but recherché. En effet, ces augmentations individuelles étaient plus un facteur de démobilisation qu’un facteur de motivation. Votre proposition d’augmentation de 10% de la prime d’éloignement frappe car c’est une augmentation à 2 chiffres. Pour un salarié de la tranche 4, la hausse sera de 8 euros maximum par mois. Croyez-vous que cela soit une proposition sérieuse pour motiver les salariés ? Avez-vous conscience, mesdames, messieurs les responsables d’ASF que vous vivez la fin d’un âge d’or ? Les excès du capitalisme ne peuvent plus durer et doivent être dénoncés. Croyez-vous logique de mieux rémunérer la rente que le travail ? Ne dit-on pas que l’oisiveté est la mère de tous les vices ? Nous allons vous énoncer une lapalissade, le travail produit par une multitude de salariés crée la richesse et il est anormal que cette richesse soit accaparée par un nombre restreint de personnes. Ne pensez-vous pas qu’une meilleure répartition de la richesse serait profitable à tous et engendrerait davantage de richesses ? Ne dit-on pas qu’il faut savoir perdre un peu au début pour mieux gagner à la fin ? Pour exister, le capitalisme a besoin de consommateurs et aujourd’hui, vous désirez appauvrir les consommateurs au profit de personnes qui thésaurisent. Cette démarche anticapitaliste sur le moyen et long terme ne peut se justifier économiquement. Comment pouvez-vous nous faire des propositions salariales aussi basses : 2% d’augmentation générale alors que le monde de l’information dans lequel nous vivons nous permet de savoir ce que nous ne devrions pas savoir ? Internet est devenu une source d’informations incontrôlables. Ainsi, nous avons eu connaissance que Mr Huillard PDG de Vinci a reçu 35000 actions de Vinci et a encaissé 635753 euros en les revendant. Nous, les salariés d’ASF, nous n’aurons jamais 35000 actions Vinci et la somme indiquée ci-dessus correspond à 23 années de travail de notre salaire de base. Trouvez- vous cela normal ? La décence, un mot qu’aujourd’hui méconnaît tout capitaliste bien pensant, devrait vous amener à plus d’humilités et à des propositions plus décentes. Nous, les salariés d’ASF, nous aimerions avoir comme M Yves-Thibault de Silguy, une bonne retraite. Croyez-vous que le montant de sa retraite pour 4 années au service de Vinci est justifié ? Je vous rappelle qu’elle sera de 380000 euros par an alors que bon nombre des retraites des salariés ASF est inférieure à 15 000euros par an. Est-ce pour financer cette retraite, les largesses que s’offrent grâce à notre sueur nos dirigeants que vous nous faîtes ces propositions indécentes, je dirais même insultantes ? Ce comportement irresponsable de soi-disant responsables d’entreprises peut-il entraîner le respect des salariés ? Ces comportements : passe-droit, salaires mirobolants, retraite dorée ne peuvent engendrer que rejet et honte des personnes bénéficiaires qui n’ont plus le sens de l’intérêt commun qu’on devrait attendre d’eux alors qu’au contraire ils devraient donner l’exemple pour fédérer autour de leur personne un projet dynamique. Mesdames, Messieurs, nos chers dirigeants d’ASF et de Vinci, vous comprendrez, que les militants du syndicat SUD-ASF que nous sommes ne peuvent pas souscrire à votre politique salariale qui, aujourd’hui, irrite jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, même si nous sommes conscient que d’autres considérations plus personnelles ont motivé ce courroux. Les salariés ne veulent plus du mépris de leurs dirigeants, ils veulent que leur travail et leurs efforts trouvent une juste récompense. Ils sont écœurés de voir leurs chers dirigeants s’en mettre plein les poches et de donner une image pitoyable de Vinci-Autoroutes alors qu’eux ils galèrent tous les jours pour des clopinettes et qu’on leur a dit et qu’on leur dit encore aujourd’hui, « Soyez fier d’être dans la famille Vinci ». Vous vous étonnez de voir le nombre d’accidents du travail augmenté et vous n’avez comme réponse que des réunions supplémentaires pour sensibiliser à cette hausse. Le mal est plus profond que vous le croyez, les salariés n’ont plus envie de faire des efforts, ils sont si peu considérés. Remettez-vous en cause avant qu’il ne soit trop tard. Revenez à une politique sociale plus humaine où chacun retrouve sa dignité, où tout le monde se respecte. Écoutez les demandes des salariés, comme celles des ouvriers autoroutiers de Narbonne. Revenez à une politique salariale équilibrée où le travail de chacun est considéré, où tout le monde voit ses efforts récompenser. Nous, Magali Lacour et Henri Bonnes, militants du syndicat SUD-ASF, donnons un avis négatif à vos propositions qui ne peuvent qu’accroître le mal vivre des salariés de Vinci-ASF.

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