Déclaration d'Henri Bonnes au CE du 30 avril 2013

Publié le par SUD ASF

Monsieur le Directeur, en préambule, avant de commencer ce CE, j’ai 2 questions à vous poser, suite au rapport SECAFI qui a été présenté au CHSCT du 25 avril.

Je vous demande une réponse claire « Oui » ou « Non » à chacune d’elles.

 

Etes-vous d’accord pour différer de façon temporaire la téléopération qui doit débuter le lundi 6 mai 2013 ?

Etes vous d’accord pour arrêter toutes les expérimentations liées à « Evolution péage » présentée en CCE ?

 

J’aurais souhaité la création d’une commission chargée pendant 3 mois de faire le point sur les évolutions péage et de régler certains problèmes.

 

J’ai lu ce pré-rapport et j’ai décidé de ne plus me taire. Ce mal-être a été souvent abordé dans cette instance et malgré des propos de compréhension de votre part, il faut constater que rien ne bouge et qu’au contraire, il s’amplifie. Il va au-delà de ma perception personnelle du malaise des salariés de cette filière.

Ce rapport est le deuxième cri de ces salariés de la filière péage. Le premier était survenu lors de l’enquête menée par Audrey Casagrande, il y a déjà 2 ans. Nous l’avions entendu mais les réponses apportées n’ont rien changé à ce malaise. Ce deuxième cri doit être le dernier.

 

Ne plus me taire, c’est vous dire Monsieur le Directeur, que les propos fumeux que vous exprimez habituellement sont terminés et que, maintenant, ce sont vos actes qui vous jugeront.

 

Ne plus me taire, c’est vous dire, Monsieur le Directeur, que votre plan d’actions contre la lutte des risques psychosociaux est un bide total et que les rencontres de l’an dernier n’ont fait que creuser le fossé entre vous et les salariés de la filière péage.

 

Ne plus me taire, c’est dénoncer votre autisme, votre déconnexion du monde réel où sont plongés les salariés de la filière péage.

 

Ne plus me taire, c’est me battre pour qu’aux pleurs d’aujourd’hui ne se rajoute pas, demain, du sang et des cadavres.

 

Ne plus me taire, c’est refuser que, demain, on parle d’ASF dans les rubriques des faits divers.

 

Ne plus me taire, c’est dénoncer les conditions de travail dans lesquelles travaillent la plupart des salariés.

 

Trouvez-vous normal que les salariés transportent des kilos de monnaie et des dizaines de billets dans un sac à dos en cheminant à travers les voies et même utiliser des escaliers alors que le transfert de fonds équipe la gare ?

Trouvez-vous normal que ce transport de fonds soit fait par des travailleurs isolés ?

Trouvez-vous normal de ne pas tenir compte des spécificités propres à chaque gare dans les organisations de travail ?

Trouvez-vous normal de mégoter sur les frais de déplacement de Toulouse en choisissant le chemin le plus long en temps ?

Trouvez-vous normal de supprimer les 30/100ème  de reddition de compte et de aux salariés faisant fonction d’AVA alors que, comme par le passé quand ils étaient receveurs, ils ont des avances, des coffres à compter et des passations de consigne ?

 

Ne plus me taire, c’est de s’opposer à la politique d’ASF qui met le profit au centre de tout et qui transforme des femmes et des hommes qui en ont fait sa richesse,  en une variable d’ajustement.

 

Les salariés ont besoin de voir leur avenir pour pouvoir se construire, se projeter dans le futur.

Vous devez donner un objectif à long terme et arrêter de réorganiser année par année.

Cette absence de vision est mal vécue. Les salariés ont l’impression d’être pris pour des imbéciles car il est inconcevable qu’ASF ne se fixe pas des objectifs. Ils vous demandent simplement de les prendre pour de « grands garçons » et de mettre un terme à leur infantilisation.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Le dialogue social n’a jamais été aussi calamiteux à ASF que celui qui prévaut aujourd’hui.

Le dernier tract des OS CGT-FO-CFE CGC et UNSA le prouve de façon éclatante.

Ce malaise social a une répercussion négative sur les salariés.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

La confiance des salariés envers vous et leur management local a atteint le point zéro.

Le discours que vous tenez change trop souvent pour être crédible.

Prenez un exemple, en 2008, le ramassage des fonds, le remplissage et le vidage des VTP étaient du domaine exclusif du SP ou SPP car il y avait trop d’argent à manipuler. Aujourd’hui, ces mêmes actions sont du domaine du TP. Le premier est maîtrise, le deuxième est exécution.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Pourquoi voulez-vous localiser en 2 points seulement la télé opération ?

Les salariés de Villefranche, de Montauban et d’Agen sont exclus de cette évolution alors qu’ils pourraient y postuler si la demande était faite en local.

La réorganisation que vous voulez mettre en place ne correspond pas au terrain.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Le meilleur remède pour accepter les réorganisations réside dans la polyvalence.

Les projets de réorganisation que vous portez et «  Evolution péage » vont à l’encontre de cette évidence.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Le rapporteur indique qu’il faut proscrire le travail isolé car c’est un facteur de risque psycho social et un problème de sécurité.

Aujourd’hui, ce travail est presque devenu la règle. Il faut y réfléchir.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

A chaque projet de réorganisation, il vous est demande de donner le dimensionnement des effectifs et vous ne répondez jamais.

Dorénavant, vous devrez répondre impérativement à cette demande. 

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Le rapporteur a écrit «  arrêter les incitations individuelles verbales à la mobilité ».

Ces pratiques, déjà, dénoncées à de multiples reprises perdurent et contribuent à dégrader les relations envers les responsables et les salariés.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Les discussions entre le rapporteur et  des chefs de district laissent pantois. Ils donnent l’impression d’être des exécutants qui mettent en place une stratégie dont ils ne connaissent rien. C’est grave car cela entraîne des erreurs organisationnelles graves, inadaptées qui creusent encore plus le fossé entre eux et les salariés, car eux sont dans un monde de « Bisounours » et les salariés sont confrontés quotidiennement au monde réel.

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Le licenciement de Mme Bazin « pour 10 euros » comme le dit la rumeur a eu et continuera à avoir des conséquences catastrophiques sur les salariés car elle donne l’impression d’une « chasse aux sorcières ».

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Un conducteur péage demande à un salarié de faire une action et lui promet en échange une AI. Quel est l’étonnement du salarié quand il apprend qu’il ne l’a pas obtenu.

La réponse du conducteur péage : «  C’est pas de ma faute, va voir le chef de district ».

Aujourd’hui, les relations se détériorent rapidement car aucune réponse n’est apportée à ce  mal-vivre.

 

En êtes-vous conscient ?

Etes-vous prêt à prendre des actes responsables pour y remédier ?

 

Monsieur, le Directeur, je ne reprends ici qu’une infime partie des doléances des salariés, des propos tenus dans le rapport SECAFI et je pourrais continuer ainsi pendant des heures car je ne peux plus et je ne veux plus me taire.

Si vous restez dans votre attitude intransigeante, doctrinaire et inconséquente, ce sera l’affrontement.

 

A force de lâcheté de ma part, je suis dos au mur. Ce mur n’est pas celui d’une maison mais celui des « Grandes Jorasses ». Si je recule, je dois escalader une paroi rocheuse en risquant de dévisser à chaque instant. Comme je veux vivre, je ne peux qu’avancer et j’avancerais.

Je vous pose une dernière question :

«  Monsieur le Directeur, le syndicat SUD de la DRE AMP soucieux d’établir un dialogue réel, sérieux et constructif vous demande de surseoir à la mise en place de la télé opération et de toutes autres formes de tests en relation avec Evolution péage pendant une période de 6 mois pendant laquelle une commission composée de tous les membres du CHSCT, de 3 membres du CE et de 3 représentants de la Direction décortiqueront le rapport SECAFI et proposeront un plan d’actions et de préventions. Ces membres seront détachés pendant la totalité de leur mission ».

Le syndicat SUD de la DRE AMP désire entendre une réponse claire et sans ambiguïté, c'est-à-dire exclusivement «  oui » ou « non ».

Acceptez-vous cette proposition ?

Publié dans SUD ASF DRE Agen

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