Intense spéculation en Bourse autour de VINCI et d'EIFFAGE

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Mercredi 28 mars 2007   Web LES ECHOS
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Intense spéculation en Bourse autour de Vinci et d'Eiffage
[ 27/03/07 ]
Le premier assure ne pas être à l'origine de la flambée du second en Bourse, dont le titre a gagné 50 % en cinq jours. Il dit ne pas avoir été informé
d'une nouvelle montée d'Artémis à son capital .
 
Eiffage s'est envolé hier en Bourse, en hausse de 10,48 %, à 115,89 euros, en clôture. De son côté Vinci a progressé de 0,19 %, à 115,69 euros.
Sur la lancée de ses séances précédentes, le titre Eiffage a encore flambé sur les marchés grimpant de 10,48 % en clôture,
à 115,89 euros, soit un bond de 50 % en cinq jours. Tous les regards se tournent vers Sacyr Vallehermoso, premier actionnaire
avec 32,1 % des titres, soupçonné de vouloir monter au capital, mais l'espagnol s'est engagé l'an dernier à ne pas lancer d'OPA d'ici au
 6 avril 2007. Il vise avant tout à être représenté au conseil par 4 administrateurs (« Les Echos » du 23 mars).
Une « main amie » espagnole ramasserait-elle des actions pour le compte de Sacyr ? Dans le camp ibérique, on fait remarquer
qu'une telle action de concert aboutirait soit au lancement d'une OPA soit à la perte des droits de vote lors de l'assemblée générale
qui se tiendra le 18 avril. Chez Eiffage, un dirigeant indiquait hier que le groupe n'était pas au courant de franchissements de seuil - ils doivent lui être communiqués
tous les 1 % du capital. Compte tenu des délais d'enregistrement réglementaires, la société pourrait se retrouver avec de nouveaux actionnaires identifiés à quelques jours
seulement de son assemblée générale.
L'autre hypothèse évoquée ces dernières semaines est celle d'un mariage défensif avec son concurrent français Vinci, leader mondial du BTP, dans le double but de
protéger la société des visées de Sacyr et de diluer la participation d'Artémis (le holding patrimonial de François Pinault) au capital de Vinci, dont un porte-parole affirmait
hier aux « Echos » que le groupe n'avait acheté aucun titre Eiffage. Le leader mondial du BTP n'a pas eu connaissance de nouvelles déclarations de franchissements de
seuil, alors que « Challenges » sur son site Internet indiquait hier qu'Artémis serait monté à 8,1 % du capital. Le holding de François Pinault, qui s'est refusé à tout
commentaire, n'avait pas procédé à ces déclarations - obligatoires tous les 1 % selon les statuts de Vinci - lors de sa montée initiale à 5,1 % fin 2006.
 
Mercredi 28 mars 2007 Web LES ECHOS
 
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BTP - 
 
Eiffage rejette les demandes de Sacyr
[ 28/03/07 ]
Eiffage continue de faire la sourde oreille à Sacyr Vallehermoso. Dans une lettre envoyée aux salariés, dont « Les Echos » se sont procuré une copie,
 Jean-François Roverato, le PDG du groupe français de BTP, annonce que « le conseil du 8 mars 2007 (...) a décidé de s'opposer à la demande
de Sacyr de 5 postes au conseil d'administration ». Premier actionnaire avec 32,1 % du capital, l'espagnol voulait initialement 4 sièges, comme
 l'an dernier quand sa demande avait été rejetée. Il a finalement opté pour un cinquième, arguant que le conseil devait être élargi à
15 membres (9 actuellement) pour mieux représenter le poids de chacun des actionnaires.
« Agressivité »
Dans l'esprit de Sacyr, ce serait un légitime contrepoids aux 4 sièges qu'il considère être ceux du management d'Eiffage : Jean-François Roverato,
Benoît Heitz - le nouveau directeur général du groupe coopté par le conseil pour remplacer Véronique Morali, directeur général délégué de Fimalac -,
Béatrice Brénéol, représentante des salariés (22,4 % du capital), et Jean-Claude Kerboeuf, qui va être proposé par la société pour représenter
Eiffaime (5 %), qui regroupe les actions de dirigeants du groupe.
Ces nouvelles tensions surviennent sur fond de spéculation sur le titre, qui a pris près de 50 % en une semaine. « L'exubérance irrationnelle
actuelle du cours de Bourse traduit à mon sens le désarroi et l'agressivité d'actionnaires qui veulent à tout prix forcer la porte du conseil lors de
 l'assemblée du 18 avril », écrit Jean-François Roverato. Selon un proche du groupe ibérique, cette lettre marque une hostilité dont Sacyr ne
comprend pas les raisons.

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