Le patron de Vinci poussé à la démission

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Le patron de Vinci poussé à la démission
Industrie : Le patron de Vinci poussé à la démission Suite à une guerre ouverte à la tête du groupe Vinci, le PDG Antoine Zacharias a présenté jeudi sa démission, alors que son directeur général Xavier Huillard, qu'on disait sur le départ, a été confirmé à son poste. Xavier Huillard avait divulgué le jour-même le montant faramineux des indemnités de départ en retraite et prime qu'Antoine Zacharias demandait.

Créé le 01 juin 2006  
Mis à jour le 01 juin 2006 à 22h07  
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Coup de théâtre lors du conseil d'administration du numéro un mondial du BTP et des concessions jeudi soir. Alors que l'on pariait sur l'éviction du directeur général Xavier Huillard suite à une guerre ouverte avec le PDG du groupe, c'est ce dernier, Antoine Zacharias, qui a été contraint à la démission. Antoine Zacharias a été remplacé par Yves-Thibault de Silguy, administrateur de Vinci et délégué général du groupe français d'énergie et d'environnement Suez. Xavier Huillard a été confirmé à son poste de numéro 2. Dans cette guerre des chefs, le président de Vinci accusait d'incompétence son directeur général qui, lui, dénonçait les rémunérations exorbitantes de son président.
Selon une source proche d'Antoine Zacharias, le président de Vinci aurait présenté sa démission "dès l'ouverture" du conseil d'administration à 18H, dans une déclaration qualifiée de "testament" afin de "mettre fin au conflit à la tête du groupe, dans l'intérêt de Vinci". Antoine Zacharias aurait demandé que le directeur général soit révoqué et qu'une nouvelle équipe soit mise en place, avant de quitter la réunion du conseil. Les administrateurs auraient ensuite confirmé, par neuf voix sur seize, Xavier Huillard à son poste, avant d'élire Yves-Thibault de Silguy président. Mais selon une autre source proche du dossier, le conseil aurait d'abord confirmé Xavier Huillard, avant qu'Antoine Zacharias ne présente sa démission.
Les accusations de Xavier Huillard 
Signe avant-coureur du coup de théâtre de jeudi, le PDG du groupe immobilier Nexity, Alain Dinin, sollicité par Zacharias pour succéder à Huillard au poste de directeur général, avait renoncé à être candidat à ce poste dès mercredi.
Xavier Huillard accusait Antoine Zacharias de vouloir "l'éliminer" pour s'être opposé aux primes selon lui excessives du président. Dans une lettre citée par Le Parisien jeudi, envoyée à chaque administrateur, le n°2 de Vinci dénonçait le salaire "très élevé" de Zacharias, les "millions" de stock-options dont il aurait bénéficié depuis plusieurs années - 250 millions d'euros selon lui - ainsi que sa demande d'une prime de 8 millions pour le rachat des Autoroutes du Sud de la France (ASF).
Le rapport annuel 2005 indique qu'Antoine Zacharias a encaissé pour 17 millions d'euros en levant des stock-options l'an dernier, et a reçu l'équivalent de 44 millions d'euros d'options nouvelles. Xavier Huillard a lui encaissé 3,5 millions d'euros en levant des stock-options et a reçu 5,9 millions d'euros d'options nouvelles. Antoine Zacharias a d'autre part reçu une prime de 12,9 millions d'euros, trois fois le montant de sa rémunération brute de 2005 de 4,29 millions, pour avoir quitté en janvier sa fonction de directeur général. Une prime qu'a validée le 16 mai l'assemblée générale du groupe.

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