étudiants et lycéens encore dans la rue contre le CPE

Publié le par presse

Agrandir la photo
Etudiants et lycéens encore dans la rue contre le CPE
[2006-03-23 18:33]

PARIS (Reuters) - Des dizaines de milliers d'étudiants et lycéens ont de nouveau manifesté en France pour marquer leur détermination à obtenir le retrait du contrat première embauche (CPE).

Certains défilés, notamment à Paris, ont été ternis par l'irruption de "casseurs" venus soit en découdre avec la police, soit se livrer à des violences et voler les passants.

Les organisations étudiantes et lycéennes estiment avoir mobilisé à peu près autant de manifestants que lors de la précédente journée nationale d'action du 16 mars (250.000 à 500.000). Aucun chiffre n'était disponible à 18h00.

Selon la préfecture de police, 23.000 jeunes ont manifesté à Paris contre 33.000 la semaine dernière.

"Il s'agissait de montrer que, quoi qu'il arrive, on continuera pour obtenir le retrait du CPE", a déclaré à Reuters Nadjet Boubekeur, une des porte-parole de l'Unef.

A Paris, étudiants et lycéens ont défilé de la place d'Italie jusqu'aux Invalides sous la surveillance d'un imposant service d'ordre destiné à prévenir l'action de perturbateurs.

Deux à trois mille jeunes, la plupart masqués, selon des témoins, ont néanmoins incendié des voitures et pillé des magasins le long du parcours, qu'ils suivaient à distance.

Ces "casseurs" ont mis le feu à la porte d'un immeuble d'appartements haut de six étages près de l'esplanade des Invalides, là où s'est achevé le défilé.

Les vitres d'au moins quatre magasins ont été brisées. 42 jeunes ont été interpellés, selon la police.

"Samedi, on était tous ensemble, cette fois-ci il y a beaucoup de voyous qui sont là pour voler et détruire", a déploré un manifestant, Charlie Herblin, 22 ans.

"IL Y A DES DANGERS"

Des incidents ont également marqué certains défilés de province, notamment à Marseille, où des jeunes "non identifiés" ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre en marge du cortège, qui a rassemblé 10.000 manifestants selon la préfecture. Seize jeunes ont été interpellés.

A Rouen où avaient défilé dans le calme 5.500 étudiants accompagnés de grévistes de GDF, une centaine de jeunes ont attendu la dislocation pour s'en prendre aux forces de l'ordre à coups de pierres et de canettes de bière.

Même scénario à Rennes où de 300 à 400 jeunes s'en sont pris aux forces de l'ordre après la dislocation du cortège, qui a réuni entre 7.000 et 12.000 personnes. Une centaine d'entre eux ont envahi un grand magasin dont ils ont été refoulés, brisant au passage les portes en verre.

Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, avait auparavant mis en garde les lycéens contre la présence de perturbateurs en marge des manifestations contre le CPE.

"Il y a des dangers. Si j'avais des enfants en âge de manifester je leur dirais : attention! On voit de plus en plus des casseurs, des gens qui débrident des manifestations et qui sont là pour dénaturer leur sens", a-t-il dit au micro de RMC.

A Toulouse, 12 personnes, selon la police et 20.000 d'après les organisateurs, ont à nouveau sillonné la ville. A Bordeaux, près de 7.000 jeunes, selon la police, 20.000 selon les organisateurs, ont défilé derrière une banderole proclamant: "Retrait du Contrat première embauche, non à la précarité".

On pouvait également lire ici et là : "No more CPE, CDI is not dead", "Jeunesse inflexible, non au CPE" ou encore "Assemblée nationale, dissolution".

Selon le ministère de l'Education, 67 universités sur 84 étaient touchés jeudi par le mouvement, 21 étant bloquées et 46 perturbées à des degrés divers. Le syndicat étudiant Unef faisait état pour sa part de 68 universités touchées.

Après s'être montré inflexible, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a fait un geste en proposant aux partenaires sociaux des discussions "sans a priori" et aux mouvements de jeunes une démarche équivalente.

Craignant des tentatives de division, les organisations étudiantes et lycéennes se concertaient avant de se prononcer. En fin de journée, l'Unef disait ne pas avoir été informée d'une invitation la semaine prochaine à Matignon.

Commenter cet article