articles de presse 3

Publié le par SUD

Jeudi 2 Mars 2006
Industrie
La société d'autoroutes ASF en ordre de marche avant
sa privatisation
 
Le bénéfice net du concessionnaire a grimpé de 11,2 %, grâce notamment à l'amélioration du résultat financier. L'avis des autorités de la concurrence à la reprise de Vinci est attendu à partir du 10 mars.

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Pour ses derniers résultats avant l'acquisition par Vinci, ASF n'a pas déçu les attentes des analystes, avec un résultat net part du groupe 2005 en hausse de 11,2 %, à 443 millions d'euros, par rapport à 2004. La progression s'appuie notamment sur l'amélioration du résultat financier, avec des pertes en recul de 8,9 % du fait de « l'écart important entre les taux des emprunts nouvellement souscrits et ceux des emprunts arrivant à maturité », selon la société. L'endettement net passe de 7,8 milliards à 7,6 milliards en un an.
 
Les performances opérationnelles sont plus contrastées, avec un résultat brut d'exploitation en hausse de 3,2 %, à 1,569 milliard, contre une croissance du chiffre d'affaires annuel de 3,6 %, à 2,474         milliards.           La        marge

opérationnelle diminue légèrement, de 63,6 % à 63,4 %. « Hors des éléments non récurrents, comme le plan social du GIE Autoroutes et les honoraires liés à la privatisation, la marge aurait atteint 64 % »,
indique        ASF.        Le        taux
d'automatisation des transactions,
principal levier d'amélioration opérationnelle, a atteint 63 %, contre 61 % fin 2004. Le
concessionnaire justifie sa réputation de vache à lait en devenir, avec un cash-flow libre passé de 121 millions à 453 millions en un an, alors que les investissements se sont réduits de 142 millions, à 515 millions.
 
Dans l'attente de la DGCCRF
La société d'autoroutes est donc en ordre de marche avant sa privatisation. L'ultime obstacle à l'opération - l'avis de la Direction

générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) - est attendu « à partir du 10 mars ». Le décret de cession passera dans la foulée. « L'acquisition d'ASF se fera bien au prix de 51 euros par action », a précisé Antoine Zacharias, le président du groupe de BTP, qui estime qu'il n'y aura « probablement pas de recours au Conseil constitutionnel » contre la loi autorisant l'attribution à ASF de la concession de l'A89, entre Lyon et Balbigny.
R. HO.

Jeudi 2 Mars 2006
La Une
Les grands du BTP à la manoeuvre
 
Les trois majors français de la construction et des concessions ont engrangé des bénéfices en hausse de plus de 20 % en 2005 (concernant la branche construction­immobilier-routes pour Bouygues). Alors que les carnets de commandes explosent, tous affichent leur optimisme pour cette année.

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D'autant que Vinci et Eiffage vont changer de dimension en prenant possession des autoroutes qui leur ont été concédées par l'État, les ASF pour le premier, APRR pour le second. Tous devront se garder des appétits de leurs homologues espagnols, à l'offensive en Europe. Eiffage a
ainsi fermement repoussé hier gouvernement de privatiser tout rapprochement avec Sacyr Areva. En attendant, le groupe Vallehermoso, qui s'est invité à affirme ne pas envisager de se hauteur de 5,02 % de son capital. défaire de ses branches télécoms De son côté, Bouygues, dont le et de TF1.
résultat a été porté par ses
métiers historiques, aimerait y
adjoindre une activité nucléaire...
malgré le refus réitéré du

Jeudi 2 Mars 2006
Evénement
Vinci à l'affût d'opportunités hors de l'Hexagone

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"Nous savons d'ores et déjà que 2006 sera un bon cru." Bien des patrons voudraient pouvoir afficher la même sérénité qu'Antoine Zacharias, le président de Vinci. Le groupe, numéro un mondial de la construction et des concessions, dispose d'un carnet de commandes record : proche des 16 milliards d'euros, il est en progression de 14 % sur un an et représente près de dix mois d'activité. Aussi, Vinci prédit sans grand risque une nouvelle progression de ses résultats et de son chiffre d'affaires cette année.
 
Intégration d'ASF. L'exercice 2005 a lui-même été un très bon millésime, le chiffre d'affaires ayant bondi de 10,4 % à 21,5 milliards d'euros, pour un résultat opérationnel en hausse de 22,9 % à 1,48 milliard et un bénéfice
net, part du groupe, en progression de 19,1 % à 871 millions. Tous les pôles d'activité font preuve de vigueur, au premier chef les secteurs de la construction et de la route (avec des chiffres d'affaires en hausse

de respectivement 13,5 % et 12,2 %).
 
Au-delà,      Vinci      récolte       les
dividendes de sa politique
d'investissement en Europe centrale et orientale. Alors que par le passé le chiffre d'affaires était essentiellement tiré par la
France, l'international est désormais un moteur puissant. Cette activité a progressé de 11,5 % en 2005, contre + 9,7 % en France. Vinci entend bien saisir
de nouvelles opportunités, notamment en Afrique où son activité a crû de 22 % en 2005 en dépit de la concurrence chinoise.
 
La grande affaire de 2006 pour le groupe sera naturellement l'intégration des autoroutes du Sud de la France (ASF), récemment privatisées. Vinci escompte obtenir le feu vert de la
Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes d'ici au 10 mars, auquel cas le groupe pourra
immédiatement         racheter      la
participation de l'État au capital

d'ASF. Bernard Val, le président d'ASF, deviendra administrateur et vice-président du conseil d'administration de Vinci.
 
L'arrivée d'ASF va plus que doubler la part des concessions dans le chiffre d'affaires du constructeur-concessionnaire, ce qui n'en sera pas moins pour Vinci une incitation forte à développer ses autres métiers. Vinci a un portefeuille de concessions d'infrastructures à l'étude, ayant notamment postulé pour des autoroutes en Grèce et remis des offres pour le métro de Tel-Aviv.
 
Comme son confrère Eiffage, Vinci se dit intéressé par le rachat de l'ingénieriste électrique Amec-Spie, précisant qu'il pourrait y aller seul ou avec un partenaire extérieur.
 
S. Sz.

Jeudi 2 Mars 2006
Evénement
Les géants du BTP en quête de nouveaux territoires
Eiffage, Bouygues et Vinci affichent des résultats en hausse de plus de 20 % en 2005. Les trois majors françaises s'investissent de plus en plus dans les concessions et sont à l'affût de diversifications dans l'ingénierie électrique. Elles se préparent à affronter une concurrence espagnole déterminée.

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Des carnets de commandes qui explosent, des résultats exceptionnels, un bel optimisme pour 2006 : les grands groupes de BTP et de concessions français, Bouygues, Vinci et
Eiffage, avaient rarement bénéficié d'une telle conjoncture. Xavier Huillard, le nouveau patron opérationnel de Vinci, le confesse : "La construction n'en finit pas de nous étonner." Pour conserver le rythme, les trois majors doivent cependant répondre à un triple défi : tout en finançant leurs appétits dans la construction, ils
doivent accélérer les diversifications qui fourniront les relais de croissance de demain, en résistant à la poussée de concurrents aux dents longues, notamment espagnols.
 
Partenariats public-privé. Le trio hexagonal mène l'offensive en s'appuyant sur de beaux résultats 2005 : un bénéfice net en hausse de 19,1 % à 871 millions d'euros pour Vinci, de 33 % à 303 millions pour Eiffage et de 25 % pour les branches construction, routes et immobilier de Bouygues. Et tous anticipent une poursuite de l'envolée cette année. En France, les carnets de commandes sont au plus haut depuis plus de vingt ans. L'international représente 38 % de l'activité de Vinci en 2005, mais seulement 17 % de celle d'Eiffage. L'Europe centrale s'impose comme un des terrains de chasse privilégiés. Vinci y a vu son chiffre d'affaires bondir de 42 % (Europe centrale et orientale) en 2005, et Colas, la filiale route de Bouygues, y affiche une activité de 940 millions d'euros (+ 70 %), au point que la zone

représente 10 % de son chiffre d'affaires total. Et l'Europe de l'Est est une des cibles d'Eiffage, qu'il s'agisse de l'installation électrique ou de la route.
 
Mais il faut nourrir ces développements, d'autant qu'un nombre grandissant de projets sont proposés en partenariats public-privé, avec attribution de concessions sur de longues périodes. Vinci s'est le plus investi dans ce métier de la concession (9 % de son chiffre d'affaires 2005), dont les cycles longs et les forts besoins en capitaux compensent les cycles courts de la construction. La ruée des candidatures sur les trois sociétés d'autoroutes dont les concessions ont été mises en vente l'an dernier par l'État reflète
l'intérêt des groupes de construction pour ces activités, génératrices de cash récurrent et offrant une bonne visibilité sur leurs besoins d'investissements.
 
Si Vinci, déjà détenteur de Cofiroute, a emporté les ASF et si Eiffage s'est offert les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), Bouygues est resté en dehors de la course. Refusant d'entrer dans un appel d'offres qui "relevait d'une logique essentiellement financière qui ne correspond pas à [sa] vocation d'entrepreneur". Ce recul a avivé les interrogations sur la nature du nouveau métier dans lequel le groupe se propose
d'utiliser        ses          abondantes
ressources (voir ci-contre).
 
Parallèlement, les trois groupes s'efforcent de diversifier leurs activités     dans     l'ingénierie

électrique dont ils lorgnent la belle rentabilité. Après que Cegelec a été racheté par un fonds d'investissement, Vinci et Eiffage ne veulent pas rater Amec-Spie, que sa maison mère britannique Amec veut céder. Moins déterminé, Bouygues "ne s'interdit pas" de regarder le dossier.
 
Menace. Reste que les Français vont aussi devoir compter avec la concurrence internationale, qui s'intensifie notamment de la part d'acteurs espagnols. Cette menace a pris une forme très concrète mardi, avec l'irruption
surprise du numéro cinq hispanique de la construction, Sacyr Vallehermoso, candidat malheureux à la privatisation des autoroutes, à hauteur de 5 % dans Eiffage. Ceci alors que c'est un autre groupe espagnol,
Abertis, qui a gagné la concession de la troisième société d'autoroutes française mise en vente, Sanef, et qu'il compte bien en faire une plate­forme d'expansion vers d'autres projets en France et en Europe. L'offensive de ces groupes, portés par le dynamisme de leur marché national, vise très large :
l'espagnol Grupo Ferrovial souhaite rien moins que s'offrir British Airport Authorities, le principal gestionnaire d'aéroports en Europe.
 
Béatrice d'Erceville et Sophie Sanchez

Edition de Hte-Loire;
Jeudi 2 Mars 2006
Jean Proriol et le barreau autoroutier de Balbigny

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Jean Proriol et le barreau autoroutier de Balbigny VIE PARLEMENTAIRE Jean Proriol et le barreau autoroutier de Balbigny L'Assemblée nationale a adopté dernièrement une proposition de loi qui met fin à un débat juridique en autorisant la concession aux A.S.F. (Société des Autoroutes du Sud de la France) du barreau autoroutier de
Balbigny - Lyon. Celui-ci prolongera l'A 89 Bordeaux - Clermont-Ferrand dont le dernier tronçon fut inauguré le 10 janvier dernier. Il restait à achever l'A89
pour        relier     l'Auvergne         à
l'agglomération lyonnaise en évitant le détour par Saint-Étienne qui laisse Clermont-Ferrand à deux heures de Lyon pour parcourir 204 kilomètres. Avec la réalisation du barreau de Balbigny - La Tour de Salvigny (environ 60 kilomètres) on devrait gagner plus de 30 kilomètres et
30 minutes de parcours. Indispensable Autre avantage primordial directement lié à la concession : le lancement des
travaux        dans       les       toutes
prochaines années, les A.S.F.

finançant cette opération grâce aux péages. Jean Proriol, député de la Haute-Loire, rapporteur de cette proposition de loi au titre de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale, a rappelé qu'après enquête publique menée à l'automne 2001, un décret a déclaré l'utilité publique de cette section le 19 avril 2003. « Par contre, l'enchevêtrement des législations européenne et française a successivement bloqué l'attribution de cette section aux A.S.F., attribution qui avait pourtant été décidée par le Ministre de l'Équipement le 7 mars 1988. Pour enfin toucher au but, il aura fallu par conséquent attendre 18 ans et surmonter bien des conjonctions d'obstacles
techniques et juridiques, notamment dans les monts du Lyonnais avec les déviations de Tarare et de l'Arbresle et le
débouché sur le difficile contournement ouest de Lyon ! ». « Les ministres de l'Équipement, Gilles de Robien et Dominique Perben, aidés de Jacques Barrot, ont convaincu la Commission de

Bruxelles du bon droit de confier cette concession à la société d'autoroutes qui avait déjà réalisé les 4/5e de l'A 89 (340 kilomètres). Il restait à lever encore un avis défavorable du Conseil d'État sur un projet de décret du gouvernement. Par sécurité juridique, l'intervention de la loi devenait indispensable. » Quasiment à l'unanimité Jean Proriol a souhaité que l'Assemblée Nationale vote la proposition de loi dans le texte du Sénat. Il a été suivi par tous les groupes de l'Assemblée, à l'exception de quelques députés UDF. de la région lyonnaise qui n'ont pas pris part au vote et d'un vote opposé du seul député vert présent en séance. « Enjeu national, assurant une liaison autoroutière est-ouest, enjeu régional, capital pour l'Auvergne, enjeu local aussi pour tout le bassin de Roanne, voilà une loi qui va accélérer enfin la liaison Auvergne Rhône-Alpes et au-delà ! », déclare Jean Proriol.

Edition de Villefranche et BeaujolaisJeudi 2 Mars 2006
A 89 : le recours d'une association fleurinoise rejeté

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Le conseil d'État vient de rejeter le recours déposé contre l'A 89 par l'association de défense fleurinoise. La nouvelle a été connue mardi soir.
Les motivations de l'arrêt n'ont pas encore été rendues publiques. Elles devraient l'être dans les jours à venir.
L'association avait déposé un recours le 11 juin 2003 devant le tribunal administratif, avant que cette demande ne soit transmise au Conseil d'État.

Le collectif présidé par Jean-Michel Damour estimait que « le dispositif de liaison entre l'A89 et la vallée d'Azergues est irréalisable au Pont de Dorieux, compte tenu de la configuration géographique du terrain »
Elle assurait aussi que « le projet présenté ne correspondait pas à la notion de globalité inhérente à toute enquête publique. Cette dernière n'a pu être objective : elle a trompé le citoyen à qui l'on a demandé de se prononcer sur

un fragment plutôt que sur un tout ».
Il s'agissait là d'un des derniers recours contre le tronçon Balbigny-La Tour de Salvagny de l'autoroute A 89.
Jeudi dernier, l'Assemblée a voté une loi confirmant sa réalisation. F.G.L.
F.G.L.

Jeudi 2 Mars 2006
Entreprises
Sacyr dément vouloir racheter Eiffage

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I L n'a pas réussi à entrer par la porte, il tente sa chance par la fenêtre. Candidat malheureux au rachat de la société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), le groupe espagnol de
BTP Sacyr Vallehermoso, s'intéresse désormais à Eiffage, propriétaire d'APRR depuis le 20 février. En tandem avec le fonds
australien d'investissement Macquarie, il a en effet remporté l'appel d'offres lancé par le gouvernement pour la reprise des 70,2% de l'État dans le capital d'APRR. Sacyr, qui vient de franchir le seuil de 5% du capital et des droits de vote d'Eiffage, a démenti hier formellement l'idée d'un «rapprochement» avec son
homologue français. Il se contente d'évoquer la possibilité d' «une coopération entre les deux entreprises dans chacune de leurs activités». Ce n'est visiblement pas ce qu'a compris
Jean-François Roverato, le président d'Eiffage. «Les gens de Sacyr nous ont proposé une fusion», affirmait-il hier en marge de la présentation des résultats annuels du groupe. Une idée à laquelle il s'oppose fermement, pour le moment. «Nous pensons

que nous pouvons poursuivre notre développement par nous­mêmes», estime-t-il. Il avait pourtant sollicité, il y a un an et demi, la présence d'investisseurs institutionnels français, et en particulier la Caisse des dépôts, au sein de son capital afin de stabiliser son actionnariat. Sortie de Cofiroute «Nous verrons à 150 euros par action», a toutefois concédé le patron d'Eiffage. Pour l'instant, le titre reste inférieur à 100 euros, même s'il s'est envolé hier à la mi-journée de 4,32% à la Bourse de Paris, à 99,10 euros. Interrogé sur ce possible rapprochement, Martin Bouygues, président du groupe éponyme, a indiqué hier qu'il trouvait «assez prévisible» la montée de Sacyr au capital d'Eiffage. Ce n'est pas l'avis de certains analystes qui estiment que l'espagnol n'aurait les moyens de racheter Eiffage qu'à condition de beaucoup
s'endetter. Même si sa capitalisation boursière est une fois et demie plus élevée que celle du français, il est en revanche deux fois plus petit que lui en terme de chiffre d'affaires et quatre fois plus en terme d'effectif salarié. D'autres analystes jugent

que «le BTP est un métier d'hommes et de contact» et que le groupe espagnol n'aurait aucun intérêt à se mettre à dos l'équipe dirigeante d'Eiffage. Pour l'heure, Jean-François Roverato garde le cap et continue de se focaliser sur les autoroutes et l'installation électrique (voir ci-contre). Pour pouvoir monter en puissance dans ces deux métiers, Eiffage n'exclut pas de procéder à des cessions. Le groupe vient de se séparer de sa filiale Eiffage Parking, pour 285 millions d'euros. Il pourrait par ailleurs très bientôt céder sa participation de 17% dans le concessionnaire autoroutier privé Cofiroute. «Un jour, nous sortirons de Cofiroute, et ce jour n'a jamais été aussi proche», a-t-il déclaré hier. Il reconnaît que les sollicitations pour racheter ses actions sont nombreuses. Selon l'estimation faite par Vinci, la participation
d'Eiffage dans Cofiroute s'élèverait environ à 750 millions d'euros.
Odile Coupé

Jeudi 2 Mars 2006
Crible
Jean-François Roverato

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Petits bureaux, petits pieds, petites voitures, ou alors sans chauffeur, ce Dijonnais de soixante et un ans est un grand patron qui n'aime pas le montrer. Mais, à un an et demi du moment qu'il a choisi pour passer la main, le PDG d'Eiffage vole de réussite en réussite. Succès du viaduc de Millau, coup de maître avec l'acquisition des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, superbes résultats en 2005 - certes encore loin de ceux de son condisciple de la promotion 1964 de l'X, Thierry
Desmarets -, l'alignement est aussi rectiligne que la barbe du président. En plus, l'ancien haut fonctionnaire, qui a gardé de sa maman couturière et de son papa ébéniste l'amour des beaux costumes et des belles coupes, se paie le luxe d'être très « tendance ». Villepin dit rêver de développer l'actionnariat salarié ; lui peut se vanter de l'avoir fait à grande échelle dans     l'ex‑
Fougerolle. Depuis quelques jours, il y a toutefois un léger couac, que cet amateur d'opéra à

l'humour décapant a pris comme une mauvaise blague : l'arrivée d'un espagnol indésirable dans son capital. Pour cet amoureux du bourgogne, c'est sans doute le même supplice que de devoir tolérer à sa table un vin des Pyrénées (lire page 23).


Jeudi 2 Mars 2006
Industrie
Abertis a vu son bénéfice net grimper de 12 % l'an

dernier
Espagnols et Navigation Aérienne (Aena).
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L'espagnol Abertis, repreneur désigné de la société autoroutière Sanef, a affiché un bénéfice net 2005 en hausse de 12 %, à 511 millions d'euros, par rapport à 2004, pour un chiffre d'affaires en hausse de 23 %, à 1,9 milliard. Les performances opérationnelles du groupe d'infrastructures suivent la même pente, avec un
résultat        brut         d'exploitation
(Ebitda) qui a crû en 2005 de 15
%, à 1,2 milliard. Cette amélioration qui ne doit rien aux autoroutes françaises - acquises
officiellement en février - s'explique en partie par la consolidation (pour 258 millions)
de       l'opérateur        aéroportuaire
britannique            TBI          acquis
conjointement avec Aéroports

Décidé à étoffer son portefeuille de concessions, le groupe catalan lorgne l'autre côté de l'Atlantique. « Les Etats-Unis constituent le marché qui présente le plus d'opportunités à court et moyen terme en la matière », explique le directeur financier José Aljaro. Il est prévu également d'investir environ 80 millions d'euros en 2006 dans les
télécommunications, qui représentent environ 15 % de l'activité, contre 63 % aux autoroutes, 6 % pour les parcs de stationnement, 1 % la logistique et 15 % aux aéroports. A plus long terme - vraisemblablement

2007 -, Abertis entend toujours remettre en Bourse la Sanef, dont la garantie de cours va jusqu'au 20 mars. Le consortium de reprise, où figurent à côté de l'espagnol, AXA, la Caisse des
Dépôts        et        Consignations,
Prédica, CNP Assurances, Financière et Foncière de Participation, a déboursé 4,03 milliards pour les 75,5 % du capital détenus par l'Etat français.
R. HO.

Jeudi 2 Mars 2006
Industrie
Un groupe vorace comme ses confrères de la Péninsule
 
Pour Sacyr, le cash-flow généré par le BTP et l'immobilier dont l'activité est très soutenue en Espagne depuis 1996 est investi dans des activités plus pérennes, comme les concessions.

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Bien qu'occupant seulement la cinquième position en Espagne, avec 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2005, 413 millions de résultat net et une capitalisation boursière de 6,5 milliards, Sacyr, fondé et dirigé par Luis Del Rivero qui possède 13,75 % du capital, n'est pas le moins gourmand des grands groupes espagnols du BTP. En novembre 2004, il s'est attaqué à BBVA, la deuxième banque de la péninsule, en se disant disposé à payer plus de 2 milliards pour 5 % du capital. L'hostilité de la Banque d'Espagne a fait échouer l'opération. En 2002, Luis Del Rivero a réalisé un joli coup, en reprenant à SCH la participation de contrôle de Vallehermoso. Depuis, il suit l'exemple des autres grands du secteur,
donnant la priorité à la diversification : le cash-flow généré par le BTP et l'immobilier dont l'activité est très soutenue en Espagne depuis 1996 est investi dans des activités plus pérennes, comme les concessions. C'est dans ce contexte que Sacyr situe sa volonté de croissance externe. Mais, il y a quelques jours, son dirigeant laissait entendre que la croissance interne serait sa priorité cette année. Sans révéler la prise de 5,02 % d'Eiffage pour 200 millions...
 
A l'instar de Sacyr, tous les grands groupes espagnols du BTP et de l'immobilier sont à l'affût de cibles. Dans le pays, les grandes opérations se déroulent dans le secteur électrique, avec la prise de contrôle d'Union Fenosa par ACS, tandis que FCC

fait des appels du pied a Gas Natural dans l'OPA sur Endesa. A l'étranger, les objectifs sont l'immobilier et les concessions : en France, l'immobilier a attiré Colonial qui a repris la Société Foncière Lyonnaise, Fadesa qui a pris le contrôle de Financière Rive Gauche, et Metrovacesa qui a acheté Gecina. La privatisation des autoroutes françaises a souri à l'espagnol Abertis, qui s'est adjugé Sanef. Ferrovial regarde l'opérateur aéroportuaire britannique BAA.
DE NOTRE CORRESPONDANT À MADRID.
JOSÉ ALVES

Jeudi 2 Mars 2006
Evenement
Eiffage déterminé à se développer en solo

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"Puisque ces événements nous dépassent, feignons d'en être l'instigateur." Jean-François Roverato, le PDG d'Eiffage, n'a pas hésité à paraphraser Jean
Cocteau pour commenter l'intrusion dans son groupe du numéro cinq espagnol de la
construction, Sacyr Vallehermoso. "Je n'en suis pas l'instigateur, mais je m'en serais bien passé", a-t-il ajouté, alors que Sacyr a ramassé 5,02 % de son capital pour 200,7 millions d'euros. "Ils nous ont proposé un rapprochement, une fusion, un
mariage [...], nous disons "non&#x201 D;", a-t-il lancé, se disant "volontiers" ouvert à des coopérations comme c'est déjà le cas avec un autre espagnol, ACS
Dragados,         sur      la      liaison
ferroviaire Perpignan-Figueras.
 
"Eiffage peut très bien continuer à se développer tout seul", a-t-il martelé avant de rappeler que le groupe a multiplié son chiffre d'affaires par dix en vingt ans, ses résultats par quatre en sept ans, et sa capitalisation boursière par cinq en cinq ans.
 
Ainsi, le constructeur, qui devrait dépasser les 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006 à la faveur de l'acquisition de la société des autoroutes Paris-Rhin Rhône (APRR), pèse plus du

double de Sacyr en termes de chiffre d'affaires.
 
Convaincre la Caisse des dépôts. "Je ne crois pas du tout à une OPA hostile de Sacyr, indique à La Tribune un expert espagnol du secteur. Ce n'est pas leur style, d'autant qu'ils savent que les rapprochements transfrontaliers sont très difficiles à conduire dans ce secteur. Pour moi, ils revendront leur participation si aucune collaboration n'est possible avec le groupe français." Sacyr a insisté hier sur sa volonté de "coopération" avec Eiffage tout en démentant l'intention d'un "rapprochement".
 
L'épisode donne un argument de poids à Jean-François Roverato, qui tente de convaincre la Caisse des dépôts et consignations de prendre une part à son capital. Actuellement, les salariés sont le seul actionnaire stable d'Eiffage, avec 22,4 % du capital. Jean-François Roverato espère qu'avec les 4.900 collaborateurs
d'APRR cette participation prendra jusqu'à deux points supplémentaires. Il compte mener campagne pour les inciter à investir, sachant que la période
de   souscription   courra    du
20
mars au     7
avril.
Mais,   il
le
reconnaît,
"le
point
de
pourcentage
coûte
cher"
(40

millions d'euros).
 
Son concurrent Martin Bouygues a jugé hier l'offensive de Sacyr "assez prévisible", au motif que "le capital d'Eiffage n'est pas contrôlé", avant d'asséner : "À partir du moment où vous avez un actionnariat français très faible, il faut en accepter les inconvénients." Pour sa part, Antoine Zacharias, le président emblématique de Vinci, a indiqué que l'intérêt de Sacyr pour Eiffage ne l'étonne pas, mais au motif cette fois qu'Eiffage est "très bien géré".
 
Le groupe, en tout cas, a changé de dimension avec l'acquisition d'APRR dont la consolidation lui apportera plus d'un milliard d'excédent brut d'exploitation cette année.           Parallèlement,
Eiffage a reçu "plusieurs sollicitations" pour racheter sa part de 17 % dans le
concessionnaire autoroutier Cofiroute, évaluée à 850 millions d'euros. Une manne qui pourrait lui être très utile pour se désendetter mais aussi pour
racheter       l'ingénieriste           en
électricité Amec-Spie.
 
S. Sz.

Edition de regionfc
Jeudi 2 Mars 2006
Fraude au double ticket sur l'autoroute

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BELFORT . La combine semble être répandue chez les routiers à en croire les six prévenus qui comparaissaient hier au tribunal de grande instance de Belfort. Tous chauffeurs employés dans la même entreprise de transport frigorifique, ils ont été pincés par la SAPRR (société d'autoroutes Paris Rhin-Rhône) en 2003. Ils pratiquaient la technique du double ticket, ou celle de l'échange à mi-parcours sur une aire d'autoroute. La combine n'a évidemment pas été détaillée, hier, lors de l'audience. Ces deux
techniques permettent néanmoins de nettement diminuer les notes. Or, dans cette affaire, il n'y a pas de notion d'enrichissement personnel pour les six chauffeurs. Ils utilisaient d'ailleurs les cartes de crédit de la société. « La direction nous imposait d'éviter
l'autoroute mais nous ne pouvions pas tenir les délais », explique le principal mis en cause et instigateur de la « manip' ». « C'est impossible de pouvoir livrer dans les temps en passant par les nationales. Il fallait bien se débrouiller ». L'avocat des six

chauffeurs confirme qu'ils ont mis en place cette fraude... pour pouvoir répondre aux contraintes de la législation sur les transports. Entre le mois de janvier 2001 et le mois de mai 2002, la société d'autoroute a réussi à prouver des centaines de fraudes, pour un montant total de 72.000 €. Les chauffeurs ont écopé d'une amende de quelques centaines d'euros.

Jeudi 2 Mars 2006
TRANSPORTS ROUTIERS TVA sur péage : le
marchandage touche à sa fin

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Malgré       certaines       avancées,
l'Unostra demande aux transporteurs de ne pas lâcher la pression. Chez les professionnels du transport de marchandises, la question de la TVA sur péage continue d'occuper le devant de la scène. Pour rendre irréversible le remboursement de cette taxe
et l'obtention de factures rectificatives auprès des sociétés d'autoroutes, l'Unostra (Union

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