LA FIN DU GRAND BLUFF ! (suite)

Publié le par SUD

LA PRIVATISATION et SES MENSONGES
 
1 ■ Une privatisation en catimini
Annoncée pendant l’été, mise en route le 18 juillet 2005 et achevée dès l’automne : 10 semaines auront suffit pour faire basculer le secteur autoroutier dans l’univers de la Finance. Pour l’information et la consultation des instances sociales, il faudra repasser un autre jour ! Le CCE de notre Société n’a jamais été consulté, les médias en connaissent plus sur notre avenir que les salariés eux-mêmes : Vive la démocratie et vive les Lois de la Bourse !
 
2 ■ Un débat politique d’une nullité absolue
Durant l’été, la discussion fut vive au sujet de la privatisation des autoroutes. Pourtant, lors du débat (sans vote !) à l’Assemblée Nationale le 12 octobre dernier, les députés toutes tendances confondues se sont situés à leur niveau habituel, c'est-à-dire « plus bas que terre » : chacun a défendu les infrastructures dans son département voire même dans son canton, un pauvre débat politicien a vu la gauche s’opposer à la droite et la droite s’opposer à la gauche. Et le social ? Et nos emplois ? SILENCE RADIO.
 
3 ■ Le Gouvernement mérite le Prix Nobel d’Economie
C’est en effet une invention judicieuse qui vient de voir le jour au travers de la cession du secteur autoroutier aux investisseurs privés. Tant dans nos rencontres avec les Ministères qu’au travers du discours dans les Médias, L’Etat français invente la privatisation/nationalisation, système inédit qui verra, selon nos dirigeants, « une société d’autoroutes dirigée par des capitaux privés mais qui devra encore se soumettre aux directives et contrôles de l’Etat ». Le Grand Maître resterait l’Etat, « Etat sœur » pourrions-nous répondre.
 
4 ■  Qu’est-ce qui a changé depuis l’entrée en Bourse ?
Depuis l’entrée en Bourse d’ASF, les salariés n’ont jamais été autant ignorés, les instances sociales n’ont jamais été autant mises sur la touche…Il est louable de condamner cette situation honteuse fin 2005, il aurait été préférable de s’en inquiéter dès 2002 La Bourse est un vase clos, nous en sommes exclus.
LA PRIVATISATION et SES LUTTES
 
1 ■ L’emploi et les conditions de travail
SUD a rencontré le Ministère de l’Emploi à Paris le 27 septembre et le Ministère des Transports le 06 octobre. Nous avons martelé les inquiétudes des 17.000 salariés. Le réseau autoroutier est vaste, la mobilité géographique inquiète toutes les filières, la polyvalence apparaît de manière confuse et inquiétante, la sous-traitance quant à elle continue à se propager. On sait que les exigences en matière de rentabilité financière seront énormes, il faudra réduire les coûts et en pareil cas, le personnel ouvriers / employés se trouve en première ligne pour en subir les conséquences : Ayez à l’esprit que cette notion de rentabilité ne dévaste pas uniquement « les autres sociétés ». Avec un capital privatisé à 100%, cette sinistre gestion est désormais à nos portes…
 
2 Une diversification des activités qui n’aura jamais lieu
Parmi tous les mensonges entendus, le plus gros consiste à dire que les sociétés d’autoroutes privatisées pourront développer de nouvelles activités : sauf que même les Ministères des Transports et des Finances étaient d’accord avec SUD pour reconnaître « qu’à part l’exploitation d’autoroutes, nos sociétés ne pourront pas faire grand-chose d’autres » ! Le Péage représente 97% du Chiffre d’Affaires. Pour le maintien des emplois en France, il faudra attendre ! Les salariés des ASF demeurent dans le doute…
 
3L’autoroute : un secteur sans risques ?
Les uns disent : « Une autoroute ne peut pas être délocalisée ». D’autres ajoutent : « Des garanties sur l’emploi existent ». Remarquons que la première affirmation, bien que juste, peut faire l’effet d’un boomerang, car s’ils ne peuvent pas délocaliser, les gros actionnaires d’ASF n’en seront pas moins gourmands en terme de dividendes ! C’est bien la réduction des coûts et donc la réduction de la masse salariale qui sera en première ligne pour accroître les bénéfices et faire sourire les Financiers. Quant aux garanties, contrats de travail et autres accords d’entreprise, il faut savoir qu’une nouvelle équipe dirigeante arrivera avec une nouvelle stratégie de gestion qui remettra tout à plat. La sérénité appartient déjà au passé…

 
 
SUD considère que l’action face à la privatisation ne doit pas se limiter à une symbolique « journée de grève ». Les conséquences gravissimes qui pointent à l’horizon mérite un combat digne des enjeux qui concernent tout le personnel

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