L'affaire de l'UIMM déclenche une crise au sommet du patronat

Publié le par par Jean-Baptiste Vey

L'affaire de l'UIMM déclenche une crise au sommet du patronat
[2008-03-02 17:29]
par Jean-Baptiste Vey
PARIS (Reuters) - Le patronat français est entré en crise ce week-end après l'attaque de la présidente du Medef, Laurence Parisot, contre la puissante fédération des industries de la métallurgie (UIMM) touchée par une affaire de mystérieux retraits d'espèces.
Après la révélation du versement par l'UIMM d'une prime de 1,5 million d'euros à son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen dans cette affaire, la "patronne des patrons" a appelé tous les chefs d'entreprises à la soutenir pour "tout remettre à plat".
Laurence Parisot a également demandé à tous les membres de l'UIMM détenant des mandats nationaux au nom du Medef de lui présenter leur démission d'ici lundi.
L'UIMM a vivement répliqué en dénonçant une "campagne violente" à son encontre, et son président Frédéric Saint-Geours a convoqué un bureau exceptionnel lundi "pour prendre les décisions, les mesures qui s'imposent", a déclaré un porte-parole de la fédération.
Dans un entretien au Journal du Dimanche, Laurence Parisot explique vouloir "rassembler tous les patrons qui exigent transparence et éthique, tous ceux qui sont prêts à se dresser contre les démonstrations d'opacité que certains nous infligent, et contre leur sentiment abusif d'impunité".
"Je lance un appel à tous les chefs d'entreprise de France, des TPE, des PME, des grands groupes quelle que soit leur taille, quels que soient leurs secteurs d'activité, et en particulier à ceux de l'industrie, afin qu'ils me soutiennent et s'associent à moi pour tout remettre à plat", ajoute-t-elle.
TRANSPARENCE
La démarche de Laurence Parisot a été saluée dimanche par plusieurs responsables syndicaux.
"Enfin, pour la première fois, on a une responsable, la principale responsable du patronat, qui dit qu'il faut arrêter ce type de pratique", a dit le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, au micro de RTL.
"Je ne peux être que pour sa démarche de purification du système", à dit à Reuters Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC. "Je ne souhaite qu'une chose, qu'on connaisse la vérité" sur les retraits d'espèces de l'UIMM, a-t-il ajouté.
"Il faut mettre un terme à ces situations et c'est à Mme Parisot de prendre des décisions", a dit à Reuters Jacques Voisin, président de la CFTC. "Sur ces questions de financement, on a besoin de beaucoup de transparence."
La CGPME s'est jointe à cet appel à la transparence, qui intervient alors que les partenaires sociaux négocient sur les règles de financement des syndicats et leur représentativité.
"Il y a un vrai problème au niveau des grandes entreprises qui sont des adhérents du Medef", a dit Jean-François Roubaud, président de la CGPME au micro de France Info, "j'attends qu'il y ait une transparence".
Dans un communiqué, l'association de chefs d'entreprise CroissancePlus dit qu'elle "soutient à 100% la demande de transparence et de réforme exprimée par Laurence Parisot".
Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen le 15 janvier pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé", a admis son implication dans les mystérieux retraits d'espèces, qui s'élèveraient à une vingtaine de millions d'euros.
Il a refusé de livrer les noms des bénéficiaires de ces fonds, indiquant seulement qu'il s'agissait "d'organisations participant à la vie sociale du pays".
Devenu directeur général de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac a également reçu l'assurance d'une prise en charge d'éventuelles sanctions financières par la fédération de la métallurgie, premier contributeur financier du Medef.

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