Compte rendu de la réunion des SUD AUTOROUTES du 27 novembre 2007 à Paris

Publié le par SUD AUTOROUTES

Préparatoire des SUD AUTOROUTES du 27 novembre 2007 à PARIS
Présents     :        SUD AREA – SUD ASF – SUD SANEF – SUD ESCOTA – SUD COFIROUTE – SUD APRR       absent excusé : SUD SAPN
  1. Rémunération annuelle garantie
Le dossier a commencé il y a trois mois. La question qui se pose c’est : qu’allons-nous pouvoir négocier à partir de là ?
La négociation de RAG se fait classe par classe au niveau branche (soit 16 RAG). L’objectif est de ne pas mettre en place une RAG trop élevée pour ne pas faire peur aux sociétés et éviter l’externalisation. Autrement dit, rendre les sociétés compétitives en mettant le niveau au-dessous du SMIC. Bref, il s’agit d’un nouveau recul social. Cela dit, sur ce point, le gouvernement ne serait pas en accord avec les branches. En effet, si la RAG sert de salaire minimum garanti, plus besoin de SMIC !
Avec ce système, il devient impossible de défendre « à travail égal, salaire égal » : tout est flou, les chefs d’entreprise vont pouvoir payer les gens comme ils veulent et leur faire faire ce qu’ils veulent. On va droit vers une amplification de l’individualisation des salaires.
En parallèle, les fiches de fonction établies par les Direction notamment APRR et AREA doivent être validées sous huit jours : ce n’est pas de la négociation. Par contre ça revient à valider les pratiques de ces dernières années.
Les fiches de fonction font du salarié un super ouvrier polyvalent sans reconnaissance salariale.
è    Article de loi : L 132-12
Les organisations syndicales sont considérées comme des chambres d’enregistrement.
Sur le terrain, on fait passer le message : « la polyvalence est le meilleur moyen de conserver son emploi ». Ainsi on demande aux patrouilleurs d’assurer des missions de sécurité, viabilité, péage et vaguemestre ! Les gens l’acceptent par peur ou parce que ça leur plaît. Mais, cela entraîne irrémédiablement une perte du cœur du métier : en étant moyennement bon dans tout, on n’est plus très bon nulle part et on fini par être éjecté. Les gens deviennent hyper interchangeables (comme des intérimaires). En fait, la polyvalence revient à une dé-professionnalisation. C’est un miroir aux alouettes. Elle nécessite une formation que l’entreprise ne fournit pas.
Les fiches de fonctions hyper larges utilisées dans les entretiens de progrès, c’est la porte ouverte aux licenciements : «  tu n’es pas compétent, tu n’as pas rempli tes objectifs. Tchao. »
RAG et fiches de classification sont liées : comme toujours, le patronat veut niveler par le bas.
Nous avons besoin de garanties et d’éclaircissements. L’indication des seuils des différentes classes est nécessaire et il serait normal que Hay nous fasse une démonstration de poids poste.
Question : la RAG entraîne-t-elle une possibilité de modulation au niveau mensuel ? Qu’en est-il du RMG (revenu mensuel garanti) ?
L’inter-SEMCA de 1979 est insidieusement démantelée par la branche. En effet, chaque accord de branche conduit à un accord d’entreprise dans chaque entreprise au détriment de l’accord Inter-entreprises de 1979 (APRR-ASF-ATMB-ESCOTA-SANEF-SAPN).
  1. CATS
ASF :
Vinci ayant payé la campagne de Sarkozy, les départs se font au minimum avec une allocation équivalant à 100% du salaire grâce à l’intégration d’une prime équivalant à six mois de salaire. Ainsi, c’est l’Etat qui paye, ce qui est scandaleux pour ceux qui payent des impôts.
1000 personnes sont concernées pour l’ensemble des types de départs (l’accord CATS est prévu pour 460 départs chez ASF).
Un deuxième accord CATS maison est programmé pour la viabilité sans aide de l’Etat.
COFIROUTE :
Même principe que sur ASF avec une allocation équivalant à 99 % du salaire pour une fourchette de 250 personnes.
ESCOTA :
Accord signé mi-septembre. Même principe : prime de 6 mois pour gonfler l’allocation.
APRR :
Prime de 2900 €, quel que soit le salaire de référence pour une allocation équivalente entre 80 et 84 % du salaire de référence. 290 salariés concernés. SUD a demandé le remplacement un pour un dans les différents métiers, ce que le DRH (Boccardimenteur) a refusé, prévoyant, notamment, l’évolution du métier de patrouilleur. SUD se prononcera après la consultation du CCE mais est plutôt non signataire. Les autres OS ont donné leur accord de principe.
AREA :
Même histoire, mêmes éléments qu’APRR (mais des variations de termes et de paragraphes dans l’accord). 140 personnes sont concernées ; Le DRH table sur une moitié de candidats.
SANEF :
Rien de fait. Les salariés ont seulement été informés (par le biais d’un questionnaire) qu’éventuellement dans le cadre d’un accord, il pourrait y avoir quelque chose.
  1. Bilan des négociations salariales 2007
SANEF : 3,47 % avec le GVT. Valeur du point + 2 %
AREA : 2,2 % pour tous, + 0,3 % pour les employés d’exécution et les ETAM, + 0,2 % pour les salaires inférieurs à 1500 € brut.
ASF : 2,3 % pour les ouvriers et employés et 0,7 % en individuel.
L’individualisation est calculée lors de l’entretien de progrès. En effet, les fonctions y sont présentées en colonne avec trois cases illustrées de « binettes » à cocher (content, bof, pas content).
APRR : + 2,1 % et des mesures complémentaires employés et maîtrises + panier et éloignement
COFIROUTE : rien de signé. On en est à 2 % + 0,6 % en individuel (mais 2,6 % en individuel pour les maîtrises). VINCI est à fond pour l’individuel (mais reste à 50 – 50 pour l’exécution). Avec l’individualisation, en cas de non augmentation sur plusieurs années successives, trois possibilités : formation, bilan de compétences, ANPE.
  1. Bilan de la mise en place des nouvelles classifications
AREA : le classeur des fiches de postes nous a été remis (et encore incomplet) vendredi dernier (le 23) avec avis à rendre sur la cartographie vendredi prochain (le 30) ! Il n’y a aucune négociation. Les OS n’ont pas vraiment eu droit de regard sur ce qui a été fait. On leur demande de valider le travail de la Direction.
ASF : mélange des genres entre la définition des postes et l’entretien professionnel (présentation avec les colonnes à cocher et la ligne - € en bas). Les fiches sont clairement faites pour être utilisées dans les entretiens.
Les OS n’ont pas reçu l’ensemble des fiches, rien à valider. Seulement une liste pour info (sur un serveur). C’est une remise en cause des conditions de travail des salariés.
SANEF : rien. Pas de nouveau.
ESCOTA : deux réunions de commission de suivi. Sur 21 réclamations qui ont été faites, 9 ont été retenues.
COFIROUTE : même formule. Pas de véritable suivi, pas d’avis. Chacun a reçu un courrier avec sa classification.
APRR : La Direction a eu la maîtrise complète de l’ensemble du dossier. Les organisations syndicales ont été exclues du processus è RIEN N’EST NEGOCIE ni NEGOCIABLE.
A la lecture de quelques fiches de Fonction prises au hasard = LES FICHES DE FONCTION SONT TOTALEMENT REECRITES en FAVEUR de la DIRECTION impliquant de grave conséquence SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL (polyvalence, objectifs de rentabilité, productivité, extension géographique) et de grave conséquence sur le contrat de travail de chaque salarié. Les fiches de fonction sont totalement réécrites avec de forte évolution des taches sans aucune compensation pécuniaire alors que l’un ne va pas sans l’autre. LA DIRECTION GAGNE SUR LES DEUX TABLEAUX. L’aspect précipité imposé par la Direction pour que la Commission de Suivi donne un AVIS (Chaque Organisation Syndicale devra donner son avis sur les 208 fiches de fonction (et plus de 15 sont encore en cours de fabrication donc que l’on aura pas vu) et sur la Cartographie des Emplois pour le 26 novembre 2007 = IRREALISTE et SCANDALEUX au regard de l’importance du dossier. 13 Comités de Rédaction des fiches de Fonction, TOUS ISSUS de la DIRECTION (Valideur et Pilote) donc aucune objectivité, discernement, modération dans la rédaction des fiches de Fonction.
EN RESUME ces Fiches de Fonction et cette CARTOGRAPHIE des EMPLOIS NE SONT PAS NEGOCIES mais IMPOSES. ON CONSTATE AUSSI LA NON PRESENCE de HAY alors qu’ils sont les décideurs (a priori) dans l’attribution des classes selon le poids du poste de chaque fiche de fonction…
 
Un représentant de HAY aurait été un interlocuteur nécessaire. Cette méthode est faite pour définir des salaires individuels (code de chiffres et de lettres), c’est une méthode prévue initialement pour les cadres. Il faut connaître la méthode pour être capable de contester. C’est fait de manière à ce qu’on ne soit pas capable de comparer. Qui plus est, ce modèle est dangereux, il tend à mélanger les fonctions génériques et les compétences personnelles.
  1. Restructuration depuis la privatisation
Tout le monde a senti la douleur…
  1. Bilan des actions SUD
AREA :
Un préavis de grève a été déposé pour le 20 novembre avec nos revendications propres : création d’un métier de patrouilleur avec embauches ; reconnaissance d’un statut pour les péagers petites gares, les péagers intervenant sur les voies automatiques, les péagers des points abonnements ; augmentation des seuils et requalifications de contrats à temps partiel annualisé ; priorité aux salariés du péage dans l’attribution des postes ; décélération de l’automatisation et information précise aux OS ; augmentation de la prime de fin d’année ; prime sous circulation pour les agents routiers ; reversement de la prime et des bons d’essence en cas de retrait de cartes en liste noire ; prime spéciale pour compenser l’augmentation du prix de l’énergie. Information a été faite aux médias. Le mouvement n’a, semble-t-il, pas beaucoup été suivi (on n’a pas les chiffres) mais on a fédéré du monde. Aucune autre OS n’a suivi. Même pas la CGT qui pourtant avait initié un affichage « tenez-vous prêt à faire grève » (quand ? On ne sait toujours pas).
APRR :
Les actions aux Prud’hommes se succèdent : 60 dossiers CDD. Par contre, il n’y a plus de transactions possibles, Boccardi ayant fermé pour l’instant le robinet. Il y a donc nécessité de monter les dossiers à chaque fois.
Une grève a été posée pour les patrouilleurs dont on ne reconnaît pas la polyvalence, mais à qui on ajoute de nouvelles missions de sécurité (dépannage péage) è Sans doute une action devant les tribunaux (à l’étude)
 
ASF :
Mouvement de grève le 20 novembre par rapport à la mutuelle. La Direction a tenté, en effet, de remplacer celle qui a été mise en place pour le personnel (et qui compte 13 salariés) par une mutuelle privée. SUD a dénoncé la méthode de la Direction qui a dû céder. La mutuelle existante est donc prolongée d’un an de manière à ce qu’un véritable appel d’offres soit mis en place.
ESCOTA :
SUD débouté sur la représentativité, ce qui n’empêche pas la poursuite du travail : faire respecter les accords, actions menées (TGI).
A propos de la représentativité, SUD AUTOUROUTES est affilié à Solidaires transports. Il faut s’adresser à eux pour obtenir les informations sur cette question.
SANEF :
Suite au résultat des élections (troisième au niveau ouvrier) SUD est moins embêté par la Direction qui ne conteste plus notre OS. Et SANEF Senlis est définitivement reconnu représentatif è La Direction de SANEF ayant retiré son dernier Pourvoi en Cassation. Par contre, SUD n’est toujours pas reconnu au niveau central.
SANEF aux Prud’hommes au sujet de contrats CDD. Par ailleurs plainte pour discrimination.
Plus de reclassement en cas d’accident de travail au nom d’une « incapacité de reclassement ».
COFIROUTE : RAS.
APRR :
150 patrouilleurs en 3X8 « attendent » de voir leur statut modifié suite à l’accord patrouilleur sur AREA. Le réseau étant couvert par n’importe quelle personne de la société, «grâce » notamment à la géo localisation et les caméras sur le tracé, les patrouilleurs tels qu’ils existent actuellement n’ont plus lieu d’être. L’alerte, une de leurs missions de sécurité (protéger, alerter, secourir), est ainsi étendue à tout membre du personnel se déplaçant sur le réseau dans un véhicule de la société. D’autre part, la société envisage de mettre des caméras tous les deux kilomètres.
  1. Moyens d’action
 
  1. Formation des militants
 
  1. Trésorerie Union Syndicale SUD Autoroutes
Un Compte bancaire spécifique pour l’Union Syndicale SUD Autoroutes a été ouvert par Olivier HARDY trésorier de l’Union Syndicale SUD Autoroutes. Il y a 100 €euros sur le compte, Olivier rappelle que chaque section syndicale adhérente à l’Union syndicale SUD Autoroutes devra versé 0,50 € par adhérent pour l’année 2007 en application de la décision prise lors de l’AG du 13 juin 2007 à Vichy.
 
  1. Questions diverses :
Statuts SUD è Quelques adaptations sont nécessaires…
Flexibilité au péage : salariés à temps partiel annualisé sans couverture sociale sur AREA ; statut intermittent sur SANEF (15 % de flexibilité pour les titulaires)
Remarque sur l’avenir de l’automatisation : une réunion de la commission sur les nouvelles technologies (ASF) a fait apparaître l’alternative technique suivante : free flow ou satellitaire. L’Etat lorgne du côté de l’Allemagne qui a mis en place un système par satellite, ce qui donne des sueurs froides aux sociétés d’autoroutes. En effet, quand on fait du satellitaire, les concessionnaires ne sont plus concessionnaires que de l’encaissement, c’est-à-dire de pas grand chose (voir ce qui se passe aux USA).
Pour le gouvernement français, le plus économique c’est le satellitaire. Par ce système, tout revient à l’Etat, les concessions n’ont plus qu’un pourcentage sur l’encaissement. Plus de portiques, plus de péage, plus rien. Vinci, Eiffage et consorts font du lobbying pour pousser au free flow. Les concessions privées se sont lancées dans une course de vitesse pour imposer le free flow, pendant que l’Etat cherche une solution pour faire payer les camions sur les 4 voies, en étudiant le système allemand.
Sous-traitance de la viabilité sur ASF : non seulement on « réinternalise », mais la viabilité est sollicitée pour intervenir hors autoroute (avec embauches à la clé).
 
FIN DE REUNION 16 H 30

Commenter cet article