François Fillon a annoncé que l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans

Publié le par PRESSE

 
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François Fillon, qui avait donné avant l'heure le coup d'envoi de la refonte des régimes spéciaux de retraite, a lancé mardi l'acte II de la réforme du régime général, qu'il souhaite aborder "sans tabou".
Passé l'émoi médiatique et syndical suscité par sa promptitude sur les régimes spéciaux, le Premier ministre a ouvert des pistes en vue du "rendez-vous" de 2008 pour la deuxième phase de réforme du régime général, entamée par la loi de 2003 dont il fut l'artisan au ministère des Affaires sociales.
S'exprimant à l'occasion du 60e anniversaire de l'Agirc (fédération du régime de retraite des cadres du secteur privé de l’industrie, du commerce, des services et de l’agriculture), le chef du gouvernement a souligné sa volonté de "concertation" et de "transparence" dans cette perspective et donné des gages aux syndicats en se déclarant "très réticent" à la création d'un régime unifié par points, l'une des revendications du Medef.
François Fillon a annoncé que l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans prévu par la loi de 2003, pour obtenir une retraite à taux plein, serait mis en oeuvre sur trois ans, de 2009 à 2012. Il n'a pas évoqué l'hypothèse d'un relèvement de l'âge de départ à la retraite que réclame Laurence Parisot.
"Le rendez-vous de 2008 s'inscrira dans la continuité", a précisé le Premier ministre, s'inscrivant en faux contre "tous ceux qui prétendent vouloir une 'vraie réforme'".
"Ceux-là plaident pour la création d'un grand régime unifié de retraite, par points. (...) Je suis très réticent, pour ne pas dire plus, sur cette remise à plat", a-t-il prévenu, estimant qu'elle pourrait "porter préjudice à notre démocratie sociale".
"Nous n'avons pas commencé le moindre début d'étude préalable sur le transfert du régime général vers un régime par points. Ce serait donc assez irréaliste de s'aventurer dans cette voie, en tout cas à court terme", a-t-il estimé.
CINQ THEMES
François Fillon a proposé cinq thèmes de réflexion aux partenaires sociaux tout en précisant ne pas souhaiter "imposer les termes du dialogue": l'âge et le travail, l'équilibre financier des régimes de retraite, la révision du dispositif "carrières longues", l'objectif minimum de pension pour une carrière complète (85% du smic net) et la question des avantages familiaux et conjugaux.
"Toutes ces questions, nous devons les aborder sans exclusive, sans tabou, sans les disqualifier d'office", a-t-il dit.
Ainsi a-t-il avancé la possibilité d'"ajustements" pour "mieux cadrer" le dispositif qui permet le départ en retraite avant 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 14,15, et 16 ans. "Le coût de cette mesure (...) explique presque la moitié du déficit du régime général en 2007".
François Fillon a réitéré l'objectif du gouvernement de parvenir à l'équilibre du régime général en 2012 "alors que nos prévisions font état d'un déficit entre 8 et 10 milliards". Les prochaines "cibles" sont fixées à l'horizon 2020, pour lequel il s'est gardé de formuler des hypothèses, et à 2025-2030.
Pour l'heure, le Premier ministre a détaillé le pré-calendrier du "rendez-vous" 2008, pour lequel les concertations entre le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et les partenaires sociaux s'engageront au début de l'année prochaine. Nicolas Sarkozy souhaite conclure cette réforme au cours du premier semestre 2008.
Premier jalon : le 3 octobre, avec la réunion de la commission de garantie des retraites. Le Conseil d'orientation des retraites remettra fin novembre son rapport sur les dernières projections financières, puis se tiendra la conférence de revalorisation des pensions.
Le gouvernement attend également d'ici à la fin de l'année les conclusions du Conseil économique et social (CES) sur la TVA sociale et autres sources de financement de la sécurité sociale. Il remettra ensuite son rapport sur les retraites au Parlement avant le 1er janvier 2008, conformément à la loi de 2003.
Ce rendez-vous, a souligné François Fillon, "a deux préalables" : la réforme des régimes spéciaux et le renforcement du taux d'activité des seniors. "Le choix des Français lors de l'élection présidentielle nous oblige : le mouvement de réformes doit s'amplifier", a-t-il prévenu.
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