Vinci: la Bourse rassurée par le dénouement rapide du conflit
[2006-06-02 16:44]
- La Bourse de Paris a salué vendredi le dénouement inattendu du conflit à la direction de Vinci, qui lève l'incertitude qui pesait sur l'avenir du groupe et semble rétablir la cohésion en son sein.
Le titre, qui avait perdu près de 4,8% en quatre jours face à l'étalage des dissensions internes, rebondit de 4,58% à 75,40 euros vers 16h20, affichant la plus forte hausse du SRD, alors que l'indice CAC 40 progresse d'environ 0,2% et que le secteur de la construction s'adjuge près 1,2%. Le volume de transactions sur le titre s'élève à 3,15 millions d'actions.
"C'est la meilleure solution, de loin. Si (Antoine) Zacharias avait été maintenu à la présidence, il y aurait eu une dégradation très forte du climat dans l'entreprise où on aurait continué à en parler pendant des semaines", estime Charles-Edouard Boissy, analyste chez Oddo Securities. "Là, on a éteint l'incendie avant que les dégâts ne soient irréparables."
Le mantien, contre toute attente, de Xavier Huillard à la direction général du groupe, et le désaveu de son président Antoine Zacharias, rassure en outre sur la capacité du groupe à faire respecter les règles de gouvernance d'entreprise.
"Les investisseurs anglo-saxons sont très sensibles aux questions de bonne gouvernance. C'est un élément déterminant sur la façon dont ils évaluent un titre", ajoute l'analyste d'Oddo.
De son côté, CA Cheuvreux est passé à l'achat sur le titre, avec un objectif de cours inchangé à 88 euros, estimant qu'après son récent recul, la valeur offre une belle opportunité d'achat.
"(La décision du conseil d'administration) dissipe les incertitudes sur le management et la stratégie du groupe au moment il doit se concentrer sur l'intégration d'ASF. Nous estimons que la récente pression sur le titre est une opportunité d'achat (...)", écrit l'intermédiaire dans une note.
Les analystes réaffirment leur confiance en Xavier Huillard qui devrait poursuivre la stratégie initiée il y a dix ans par Antoine Zacharias et qui a permis au groupe de construction de devenir numéro un mondial, tout en réduisant sa sensibilité aux cycles économiques via notamment le rachat des Autoroutes du Sud de la France.
"Xavier Huillard est bien considéré dans la profession", écrit Eric Schneider, analyste chez UBS, qui se félicite de "la fin rapide d'un conflit déstabilisant à la tête du groupe".
"Nous estimons que Xavier Huillard devrait rester concentré sur les orientations fondamentales du groupe : améliorer l'activité liée à la construction, se focaliser sur l'intégration d'ASF et continuer à dynamiser la croissance avec de petites acquisitions ciblées", estime Cheuvreux pour sa part.
Quand à Nexity, dont la P-DG Alain Dinin avait été pressenti par Antoine Zacharias pour remplacer Xavier Huillard, son titre progresse encore de 0,77% à 49,70 euros, dans la perspective du maintien de ce chef "charismatique" à son poste.
Le titre du promoteur immobilier avait déjà rattrapé une bonne partie de ses pertes depuis mardi, après la décision d'Alain Dinin de se retirer de la course à la tête de Vinci.
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