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SUD DRE Agen : DSR  Not  Patrick - patrick.not@free.fr 

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CCE

 

PROCES-VERBAL DE LA REUNION

EXTRAORDINAIRE DU CCE D’ASF

DU 14 MARS 2011

 

Cette réunion se tient sous la présidence de Madame Josiane Costantino, Directrice des Ressources

Humaines.

 

Assistent à la réunion :

 

Membres titulaires :

Eric BOUSCHARAIN, Secrétaire Provence Camargue

Jean-Louis DEPOUES, secrétaire adjoint Languedoc-Roussillon

Alain BARKATS Directions Support

Henri BONNES Aquitaine Midi Pyrénées

Pascal BOISSIER Provence Camargue

Patrice CARTIER Aquitaine Midi Pyrénées

Xavier DUPUY Ouest Atlantique

Didier LAMBERT Rhône-Alpes Auvergne

Philippe MORENO Languedoc-Roussillon

Franck REBUZZI Centre Auvergne

Daniel THEBAULT Ouest Atlantique

 

Membres suppléants :

Sandrine BONNETON Rhône-Alpes Auvergne

Sylvie BOUSQUET Languedoc-Roussillon

Christian CAMPILONGO, trésorier adjoint Provence Camargue

Michel DIEU Ouest Atlantique

Christophe HIGADERE Centre Auvergne

Magali LACOUR Aquitaine Midi Pyrénées

Katia MAURIN Ouest Atlantique

Patrick MOUTON Languedoc-Roussillon

Stéphane RAVAILLER, trésorier Provence Camargue

Daniel SANCHEZ Directions Support

 

Représentants Syndicaux :

Brigitte BAJAC UNSA

Martine DAUMAS FO

Bernard DEMUR CFE/CGC

Bernard JEAN CGT

Pascal ROBY CFDT

Floréal PINOS DSCP CFDT

Olivier THIBAUD DSCP UNSA

 

Direction :

Josiane COSTANTINO Directrice des Ressources Humaines

Jérôme PISSONNIER Directeur Développement Social

 

ORDRE DU JOUR :

1. Information consultation sur le projet de convention d’entreprise relative à l’exercice du

droit syndical et à la promotion du dialogue social.

 

La séance est ouverte.

 

1. Information consultation sur le projet de convention d’entreprise relative à

l’exercice du droit syndical et à la promotion du dialogue social

La Direction présente le projet de convention d’entreprise relative à l’exercice du droit

syndical et à la promotion du dialogue social.

M. BOUSCHARAIN : S’il n’y a pas de questions sur ce projet, je propose de passer à l’avis

des élus :

_ Avis des élus UNSA, FO, CGT, et CFDT :

« C’est dans un contexte particulièrement délétère que les Organisations Syndicales ont

conclu l’accord sur le Droit Syndical, accord qui ne doit pas laisser penser qu’il fût le point

central de nos préoccupations. En effet, cette négociation n’est en fait qu’un élément positif

qui ne doit en aucun cas occulter l’importance que toutes les Organisations Syndicales

accordent aux négociations en cours et à venir avec, en particulier, une unité syndicale forte

sur les principaux sujets. La signature des cinq Organisations Syndicales CFDT, CFE-CGC,

CGT, FO et UNSA ne présage en rien les signatures à venir, car le dialogue social d’ASF est

encore loin de correspondre à la définition que nous nous en faisons. »

M. DEMUR : La CFE-CGC se joint à la déclaration de l’intersyndicale.

 

_ Avis de l’élu Patrice Cartier :

Avis défavorable

 

_ Avis de l’élu Henri Bonnes :

« Tout accord d’entreprise est critiquable puisqu’il s’agit d’un compromis. Aussi, nous, Henri

Bonnes et Magali Lacour, Elus du syndicat SUD, syndicat représentatif sur la Direction

régionale Aquitaine-Midi Pyrénées, nous avons décidé de nous adresser uniquement aux

mangeurs de soupe. Il y a plusieurs catégories de mangeurs de soupe dont une – en

particulier - qui nous irrite : les goinfres. Les goinfres sont des personnes qui n'hésitent pas à

voler et à détourner de la nourriture, à affamer les personnes sans défense pour leur seul

plaisir d'avoir une soupe bien grasse et épaisse. Ce sont des personnes sans gêne qui n'ont

aucun scrupule et qui regardent les opprimés avec dédain et plein de suffisance. Ces

personnes sans défense peuvent avoir, parfois, de la chance. En effet, s'ils vivent dans une

dictature où ces mangeurs commandent, ils ont Ie choix entre se taire et vivoter ou se

révolter et mourir. D'autres, les plus chanceux, vivent dans une démocratie où lorsque les

goinfres deviennent trop exigeants, les affamés ont Ie choix entre accepter et refuser.

Refuser que, seules, des miettes soient distribuées aux opprimés est la base de la

démocratie. Tout mocrate, un mangeur de soupe soucieux que tout Ie monde puisse en

manger à sa faim, a comme devoir de favoriser une répartition équitable des richesses. Un

bon syndicaliste doit être un démocrate, un Homme digne et droit, respectueux des autres.

En l’espèce, nous, Henri Bonnes et Magali Lacour, nous avons I'orgueil de penser que nous

Ie sommes et qu'aujourd'hui, nous sommes les seuls avec Patrice Cartier à I'être restés au

sein de cette instance et que tous les autres, élus de ce Comité Central d'Entreprise, vous

êtes devenus des bouches avides prêtes à tout pour satisfaire votre ego. Nous pensons que

Ie fait d'être des Elus d'organisations syndicales représentatives vous a ôté la raison.

Comment pouvez-vous aujourd'hui adorer ce que vous contestiez hier ? Le 4 mars 2011,

vous étiez prêts à aller en justice contre ASF avec un argument:« On ne change pas les

règles en cours de mandat » et aujourd'hui, 14 mars 2011: « On change les règles en cours

de mandat car la soupe grasse et épaisse des goinfres est meilleure ».

La démocratie, c'est Ie respect de I'autre peu importe sa couleur de peau, ses différences,

sa condition sociaIe, etc.

Le syndicat SUD s'adresse aux vrais démocrates : trouveriez-vous normal qu'un parti

politique ayant des Elus ne bénéficie pas de subventions gouvernementales ? Prenons un

exemple, Ie Parti Communiste, un parti qui ne fait pas 10% aux élections nationales mais qui

a des Elus dans certains lieux, I'accepteriez-vous? Le syndicat SUD est dans Ie même cas

de figure, il ne fait pas 10% au niveau national et a des élus, trouvez-vous normal qu'il n'est

aucune subvention ? Pour nous, cet accord d'entreprise est un déni de démocratie. Cet

accord ne pourra pas permettre aux salaries de choisir librement leurs représentants et cela,

pour Ie syndicat SUD, c'est impensable.

L'honneur d'une démocratie est d'accepter, pour tous ses membres, Ie droit de parler et

d'écrire dans Ie respect d'autrui. Toute volonté contraire visant à interdire ces droits

fondamentaux nous rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire. L'honneur d'un

démocrate consiste à être indépendant, c'est-à-dire de ne dépendre de personne. Que peuton

refuser à sa main nourricière? Quelle est la marge de manoeuvre d'un syndicaliste qui

accepte la main nourricière de son ennemi ? Le syndicat SUD dont je vous rappelle son vrai

nom Syndicat Unitaire Démocratique, que les goinfres veulent affamer en espérant Ie voir

disparaître, vit dans une démocratie et refuse la disette à laquelle on I'invite. Le syndicat

SUD tient à faire savoir à tous ces goinfres, que nous allons nous défendre, lutter contre eux

et contre cette direction, heureuse d'avoir trouvé des complices dans leur volonté de détruire

la diversité syndicale.

Le syndicat SUD émet un avis très défavorable à cet accord inique et anti-démocratique.

 

Mme COSTANTINO : Tous les représentants syndicaux n’étaient pas présents lors de la

négociation, à Toulouse, mais je tiens à souligner l’énorme travail qui a été fait. Cela n’a pas

été facile, mais nous avons réussi à aboutir aujourd’hui à un accord unanime. Certes,

j’entends bien ce que vous avez dit – que cela ne peut en rien présager de ce qui se passera

demain -, mais je pense cependant que cela présage d’une chose : c’est que lorsque nous

nous mettons tous autour de la table avec la volonté d’aboutir à un accord, on y aboutit. Je

reste donc très optimiste pour tous les autres sujets qu’il nous reste à aborder. En tout cas,

je tiens à vivement féliciter tous les participants à cette négociation car ce fut deux journées

intenses.

 

M. ROBY : J’ai relu, cet après-midi, le procès-verbal du CCE de décembre 2009. Vous nous

aviez alors informés et consultés sur la dénonciation relative à l’accord n°63 relatif au droit

syndical. Le débat avait été intéressant et de manière quasi unanime, nous avions tous émis

des réserves, au moins sur la méthode employée (dénoncer un accord avant d’entrer en

négociation). Compte tenu de la manière dont tout cela s’est déroulé – les négociations

ayant été interrompues du fait de la procédure juridique alors en cours -, je souhaiterais que

vous nous livriez votre point de vue sur les réserves que nous avions exprimées alors ? En

tout cas, je reste encore convaincu aujourd’hui qu’il ne s’agit pas de la meilleure méthode

pour entamer des négociations sereines, en particulier sur un thème tel que dialogue social.

 

Mme COSTANTINO : Je vous redirai ce qu’a dit Sébastien FRAISSE lors du dernier CCE :

nous voulons bien ne pas dénoncer, mais à condition qu’au moment de l’ouverture des

négociations, nous nous fixions un calendrier et une date butoir. Je prends acte du fait que

cela ne vous semble pas être une bonne méthode, mais alors fixons-nous un calendrier pour

les négociations à venir. En tout cas, lorsque nous voulons y arriver, nous y arrivons. Il n’y a

pas de raisons pour que ce ne soit pas encore le cas lors des prochaines négociations, mais,

j’y insiste, c’est à la condition de fixer un calendrier et une date limite. Ce que nous voulons

éviter, ce sont des négociations qui durent indéfiniment. Mais si les négociations sont

délimitées dans le temps, il n’y a pas de raisons pour que nous dénoncions.

 

M. BARKATS : Je souhaite apporter une précision. Nous n’avons pas de problème avec le

fait de dénoncer. Toute partie a le droit de dénoncer un accord, dès l’instant qu’elle motive

son choix. En revanche, ce qu’il ne faut pas, c’est dénoncer dans le but d’imposer un

calendrier et un rythme de 15 mois. Cela, c’est du dogme. Et avoir choisi ce dogme sur un

thème qui nous est à tous si cher – le dialogue social - c’est particulièrement très maladroit.

J’espère que cela ne se reproduira jamais. En revanche, j’y insiste, ce n’est pas le principe

de la dénonciation contre lequel nous nous opposons.

 

Mme COSTANTINO : Mais nous sommes tout à fait d’accord sur ces principes, et je préfère

regarder ce qu’il y a de positif dans l’avenir que ce qu’il a pu y avoir de négatif dans le passé.

 

M. BARKATS : Je souhaiterai aussi faire un commentaire sur la déclaration de SUD. Nous

sommes démocrates et nous acceptons cette déclaration telle qu’elle est, mais je la trouve

néanmoins un peu excessive. Nous n’allons pas polémiquer avec ce texte, mais je crois que

l’enjeu est justement d’accepter la démocratie.

 

M. JEAN : Je voudrais néanmoins dire à SUD que lorsque la CGT se prononce, elle le fait au

niveau des CE et du CCE – elle ne le fait pas comme certains qui, en tant qu’Elu d’Agen, se

prononçaient pour SUD. Je pense qu’il faut avoir le respect des salariés, et pas seulement

celui de nos organisations syndicales. Je ne poursuivrai pas la polémique avec SUD. En

revanche, je souhaiterais dire à la Direction – en accord avec ce qu’a exprimé M. BARKATS

- que la CGT déplore qu’il y ait eu une dénonciation maladroite, ne pouvant faire partie d’un

dialogue social de qualité.

 

M. BOUSCHARAIN : Avant de lever la séance, je vous informe que la commission

économique se réunira le 28 avril 2011, à 9 heures à Vedène.

La Séance est levée.

Mesdames, Messieurs, nous sommes réunis ce-jour pour donner notre avis sur la Négociation Obligatoire Annuelle, c'est-à-dire sur les mesures salariales de 2011. C’est un instant solennel, grave qui va avoir des conséquences importantes pour les salariés d’ASF, une filiale du Groupe Vinci tant pour leur rémunération que pour leur carrière professionnelle. Nous, Henri Bonnes, élu titulaire du CCE, et Magali Lacour, élue suppléante du CCE, militants du syndicat SUD-ASF, nous avons décidé de parler et de dire les vérités qui font mal. Nous constatons avec plaisir que vous renoncez aux augmentations individuelles pour certaines catégories de salariés et que pour d’autres, vous introduisez une part fixe. Comme de nombreux syndicalistes vous l’ont dit, comme les rapports sur les risques psycho-sociaux vous l’ont démontré, cette idée intéressante avait des effets catastrophiques sur le terrain, allant à l’inverse du but recherché. En effet, ces augmentations individuelles étaient plus un facteur de démobilisation qu’un facteur de motivation. Votre proposition d’augmentation de 10% de la prime d’éloignement frappe car c’est une augmentation à 2 chiffres. Pour un salarié de la tranche 4, la hausse sera de 8 euros maximum par mois. Croyez-vous que cela soit une proposition sérieuse pour motiver les salariés ? Avez-vous conscience, mesdames, messieurs les responsables d’ASF que vous vivez la fin d’un âge d’or ? Les excès du capitalisme ne peuvent plus durer et doivent être dénoncés. Croyez-vous logique de mieux rémunérer la rente que le travail ? Ne dit-on pas que l’oisiveté est la mère de tous les vices ? Nous allons vous énoncer une lapalissade, le travail produit par une multitude de salariés crée la richesse et il est anormal que cette richesse soit accaparée par un nombre restreint de personnes. Ne pensez-vous pas qu’une meilleure répartition de la richesse serait profitable à tous et engendrerait davantage de richesses ? Ne dit-on pas qu’il faut savoir perdre un peu au début pour mieux gagner à la fin ? Pour exister, le capitalisme a besoin de consommateurs et aujourd’hui, vous désirez appauvrir les consommateurs au profit de personnes qui thésaurisent. Cette démarche anticapitaliste sur le moyen et long terme ne peut se justifier économiquement. Comment pouvez-vous nous faire des propositions salariales aussi basses : 2% d’augmentation générale alors que le monde de l’information dans lequel nous vivons nous permet de savoir ce que nous ne devrions pas savoir ? Internet est devenu une source d’informations incontrôlables. Ainsi, nous avons eu connaissance que Mr Huillard PDG de Vinci a reçu 35000 actions de Vinci et a encaissé 635753 euros en les revendant. Nous, les salariés d’ASF, nous n’aurons jamais 35000 actions Vinci et la somme indiquée ci-dessus correspond à 23 années de travail de notre salaire de base. Trouvez- vous cela normal ? La décence, un mot qu’aujourd’hui méconnaît tout capitaliste bien pensant, devrait vous amener à plus d’humilités et à des propositions plus décentes. Nous, les salariés d’ASF, nous aimerions avoir comme M Yves-Thibault de Silguy, une bonne retraite. Croyez-vous que le montant de sa retraite pour 4 années au service de Vinci est justifié ? Je vous rappelle qu’elle sera de 380000 euros par an alors que bon nombre des retraites des salariés ASF est inférieure à 15 000euros par an. Est-ce pour financer cette retraite, les largesses que s’offrent grâce à notre sueur nos dirigeants que vous nous faîtes ces propositions indécentes, je dirais même insultantes ? Ce comportement irresponsable de soi-disant responsables d’entreprises peut-il entraîner le respect des salariés ? Ces comportements : passe-droit, salaires mirobolants, retraite dorée ne peuvent engendrer que rejet et honte des personnes bénéficiaires qui n’ont plus le sens de l’intérêt commun qu’on devrait attendre d’eux alors qu’au contraire ils devraient donner l’exemple pour fédérer autour de leur personne un projet dynamique. Mesdames, Messieurs, nos chers dirigeants d’ASF et de Vinci, vous comprendrez, que les militants du syndicat SUD-ASF que nous sommes ne peuvent pas souscrire à votre politique salariale qui, aujourd’hui, irrite jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, même si nous sommes conscient que d’autres considérations plus personnelles ont motivé ce courroux. Les salariés ne veulent plus du mépris de leurs dirigeants, ils veulent que leur travail et leurs efforts trouvent une juste récompense. Ils sont écœurés de voir leurs chers dirigeants s’en mettre plein les poches et de donner une image pitoyable de Vinci-Autoroutes alors qu’eux ils galèrent tous les jours pour des clopinettes et qu’on leur a dit et qu’on leur dit encore aujourd’hui, « Soyez fier d’être dans la famille Vinci ». Vous vous étonnez de voir le nombre d’accidents du travail augmenté et vous n’avez comme réponse que des réunions supplémentaires pour sensibiliser à cette hausse. Le mal est plus profond que vous le croyez, les salariés n’ont plus envie de faire des efforts, ils sont si peu considérés. Remettez-vous en cause avant qu’il ne soit trop tard. Revenez à une politique sociale plus humaine où chacun retrouve sa dignité, où tout le monde se respecte. Écoutez les demandes des salariés, comme celles des ouvriers autoroutiers de Narbonne. Revenez à une politique salariale équilibrée où le travail de chacun est considéré, où tout le monde voit ses efforts récompenser. Nous, Magali Lacour et Henri Bonnes, militants du syndicat SUD-ASF, donnons un avis négatif à vos propositions qui ne peuvent qu’accroître le mal vivre des salariés de Vinci-ASF.
 
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